À quoi sert l'attestation d'assurance et que contient-elle ?
Mis à jour le 4 août 2026 — Sami Hami, courtier en assurances (ORIAS n° 22001730)
Aucun maître d’ouvrage sérieux ne confie un chantier sans réclamer l’attestation d’assurance de l’entreprise. Aucun notaire ne rédige un acte de vente sur un bien récent sans vérifier ce document. Et pourtant, l’attestation reste souvent mal comprise : les uns la considèrent comme une simple formalité à faxer, les autres la lisent comme un contrat, ce qu’elle n’est pas. Cette page fait le point sur ce que ce document prouve exactement, ce qu’il doit contenir, et comment le vérifier utilement avant de s’engager.
Quelles mentions doit contenir une attestation d'assurance décennale ?
Depuis l’arrêté du 5 janvier 2016, pris en application de l’article L243-2 du code des assurances, un modèle d’attestation comportant des mentions minimales s’impose. L’objectif était clair : mettre fin aux attestations vagues, illisibles ou trompeuses.
Une attestation conforme identifie sans ambiguïté :
- L’assuré : dénomination sociale, forme juridique, adresse et, en principe, numéro d’identification de l’entreprise. Vérifiez que ce sont bien ceux de l’entreprise qui va intervenir, et non ceux d’une structure liée.
- L’assureur : identité et coordonnées de l’entreprise d’assurance, ainsi que l’intermédiaire le cas échéant.
- Le numéro de contrat, qui permet toute vérification ultérieure.
- La période de validité de l’attestation, généralement l’exercice d’assurance en cours.
- La nature des garanties : responsabilité décennale obligatoire, et le cas échéant garanties facultatives associées.
- Les activités garanties, listées précisément. C’est le cœur du document.
- Les montants de garantie et les franchises, selon les cas.
- La territorialité : zone géographique dans laquelle les chantiers sont couverts.
Deux mentions figurent systématiquement et méritent d’être lues : l’attestation est délivrée sous réserve du respect des obligations de l’assuré, notamment du paiement des primes, et elle ne peut engager l’assureur au-delà des conditions du contrat. C’est cette précision qui explique pourquoi une attestation ne remplace jamais les conditions particulières.
Chez Batirio, nous veillons à ce que votre attestation soit claire, à jour et fidèle à vos activités réelles.
Quand devez-vous fournir votre attestation d'assurance ?
Plus souvent qu’on ne le pense, et pas seulement à la demande.
L’article L243-2 du code des assurances pose deux règles principales.
Première règle : les devis et les factures. Lorsque les justifications concernent les obligations des articles L241-1 et L241-2, elles prennent la forme d’attestations d’assurance jointes aux devis et factures des professionnels assurés. Ce n’est donc pas une faveur consentie au client exigeant : c’est une obligation attachée à vos documents commerciaux.
Seconde règle : les actes de transfert de propriété. Lorsqu’un acte intervenant avant l’expiration du délai de dix ans emporte transfert de propriété ou de jouissance du bien, il doit mentionner l’existence ou l’absence des assurances obligatoires, l’attestation devant être annexée. C’est ce qui explique la demande systématique des notaires sur les biens récents.
En pratique, on vous demandera votre attestation dans les situations suivantes :
- à la remise du devis et à l’établissement de la facture ;
- avant l’ouverture d’un chantier, par le maître d’ouvrage ou le maître d’œuvre ;
- par l’entreprise principale lorsque vous intervenez en sous-traitance ;
- lors d’un appel d’offres, public ou privé ;
- par un donneur d’ordre professionnel dans le cadre de sa procédure de référencement ;
- par le notaire, en cas de vente du bien dans les dix ans de la réception.
Anticipez : une attestation demandée la veille du démarrage est une source classique de retard de chantier.
Comment vérifier l'attestation d'une entreprise avant de signer ?
Recevoir une attestation ne suffit pas : encore faut-il la lire. Voici la méthode en cinq contrôles, valable aussi bien pour un maître d’ouvrage que pour une entreprise principale vis-à-vis de ses sous-traitants.
- Contrôlez l’identité exacte. La dénomination et le numéro d’identification doivent correspondre à ceux du devis. Un groupe peut compter plusieurs sociétés, dont une seule est assurée.
- Contrôlez les dates. L’attestation doit couvrir la date d’ouverture du chantier. C’est cette date qui compte, pas celle de la signature du devis ni celle de la facture. Un chantier ouvert hors période de validité peut n’être pas couvert.
- Contrôlez les activités. Comparez ligne à ligne les activités listées et les travaux que vous confiez. Une entreprise assurée en « maçonnerie » qui vous pose une charpente n’est pas garantie pour ce lot. C’est le contrôle le plus important et le plus souvent négligé.
- Contrôlez les montants et la territorialité. Les plafonds doivent être cohérents avec l’ampleur de l’opération, et la zone couverte doit inclure le lieu du chantier.
- Vérifiez l’authenticité en cas de doute. Un document scanné se falsifie facilement. En cas de montant important ou de doute, il est légitime de demander confirmation à l’assureur ou à l’intermédiaire dont les coordonnées figurent sur l’attestation.
Un dernier réflexe : conservez l’attestation dans le dossier de chantier, avec le devis, le marché et le procès-verbal de réception. Si un désordre survient sept ans plus tard, c’est ce dossier qui permettra d’identifier rapidement l’intervenant et son assureur.
Attestation ou contrat : que vaut vraiment ce document ?
Il faut être précis, car la confusion entraîne de vraies déconvenues. L’attestation est une preuve, pas la garantie elle-même.
Ce qu’elle fait :
- elle atteste l’existence d’un contrat à une date donnée ;
- elle résume les points clés : assuré, assureur, numéro, période, activités, montants ;
- elle permet de justifier que l’obligation d’assurance a été satisfaite, comme l’exige l’article L243-2.
Ce qu’elle ne fait pas :
- elle ne remplace pas les conditions générales et particulières, qui seules définissent l’étendue exacte des garanties, les exclusions et les modalités d’indemnisation ;
- elle ne prouve pas que le contrat est toujours en vigueur au jour où vous la lisez : un contrat peut avoir été résilié après l’émission du document ;
- elle n’engage pas l’assureur au-delà des termes du contrat, ce que la mention figurant sur le document rappelle explicitement.
D’où l’intérêt d’une attestation récente, portant sur l’exercice en cours, et d’une vérification directe pour les opérations importantes.
Un point de vigilance supplémentaire concerne les mentions restrictives parfois ajoutées en bas de document : plafond par chantier, exclusion de certaines techniques, limitation à des ouvrages d’une certaine hauteur ou d’un certain montant. Ces lignes, souvent en petits caractères, conditionnent la couverture réelle. Elles se lisent avant de signer le marché, jamais après le sinistre.
Si un doute subsiste sur l’interprétation d’une attestation, faites-vous accompagner : c’est exactement le type de vérification qu’un courtier réalise au quotidien.
Sources : Article L243-2 du code des assurances (consulté en août 2026) · Arrêté du 5 janvier 2016 fixant un modèle d’attestation d’assurance (consulté en août 2026) · Article L241-1 du code des assurances (consulté en août 2026) · Service-Public : la garantie décennale des constructeurs (consulté en août 2026)