La protection de votre ouvrage pendant les travaux, du premier coup de pelle jusqu'à la réception.
Réponse courte
L'assurance Tous Risques Chantier (TRC) est une garantie facultative mais fortement conseillée qui couvre les dommages matériels à l’ouvrage pendant les travaux : effondrement, incendie, tempête, vol de matériaux, malfaçons survenant en cours de chantier. Elle protège votre investissement du premier jour du chantier jusqu’à la réception, avec une indemnisation rapide sans attendre de désigner un responsable.
Mis à jour le 4 juillet 2026 — Sami Hami, courtier en assurances (ORIAS n° 22001730)
L’assurance Tous Risques Chantier (TRC) est un contrat qui protège un ouvrage en construction ou en rénovation pendant toute la durée des travaux. Contrairement à la responsabilité civile décennale, elle n’est pas obligatoire : elle relève d’un choix. Mais dès qu’un chantier représente un investissement conséquent, elle devient tout simplement indispensable.
Sa logique est simple : un chantier est un environnement fragile. Tant que l’ouvrage n’est pas achevé et réceptionné, il est exposé à une multitude d’aléas — un incendie sur une charpente, une tempête qui couche une ossature, un vol de matériaux stockés, un effondrement de coffrage. La TRC prend en charge les dommages matériels subis par l’ouvrage lui-même, quelle qu’en soit la cause accidentelle.
Son plus grand atout : elle indemnise rapidement, sans attendre que l’on détermine qui est responsable. Sur un chantier, les intervenants sont nombreux et les recherches de responsabilité peuvent durer des mois. Grâce à la TRC, les fonds sont débloqués vite, la reconstruction repart, et le chantier ne s’enlise pas. Chez Batirio, nous considérons cette garantie comme le socle de sérénité de tout projet de construction ambitieux.
Ce que couvre la TRC (et ce qu'elle ne couvre pas)
La TRC est une assurance dite « tous risques sauf » : elle couvre l’essentiel des atteintes matérielles à l’ouvrage en cours de chantier, hormis les exclusions expressément prévues au contrat. Concrètement, elle intervient notamment sur :
L’effondrement total ou partiel de l’ouvrage ou de ses éléments (coffrages, échafaudages, structures) ;
L’incendie et l’explosion survenant sur le chantier ;
Les événements climatiques : tempête, grêle, poids de la neige ;
Les inondations et catastrophes naturelles reconnues ;
Le vandalisme et le vol de matériaux ou d’équipements présents sur le site ;
Les erreurs d’exécution et malfaçons qui se révèlent pendant le chantier ;
Dans certains cas, les dommages causés aux ouvrages existants du fait des travaux (notamment en rénovation).
En revanche, la TRC ne couvre pas ce qui relève de l’après-réception. Les désordres décennaux qui apparaissent une fois le chantier livré relèvent de la garantie décennale et de la dommages-ouvrage, pas de la TRC. Sont également exclus les défauts purement esthétiques, les retards de chantier et les pénalités qui en découlent, ainsi que l’usure normale. La frontière est claire : la TRC s’arrête à la réception des travaux.
TRC, RC décennale et dommages-ouvrage : qui couvre quoi, et quand
C’est la confusion la plus fréquente, et pourtant la distinction est limpide une fois que l’on retient une règle simple : la TRC couvre pendant le chantier ; la décennale et la dommages-ouvrage couvrent après la réception.
La TRC agit du premier jour de travaux jusqu’à la réception. Elle protège l’ouvrage en train de se construire contre les dommages matériels accidentels.
La responsabilité civile décennale (art. 1792 et suivants du Code civil) intervient après la réception, pendant dix ans. Elle engage la responsabilité des constructeurs pour les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. C’est une assurance obligatoire pour les professionnels du bâtiment.
La dommages-ouvrage (art. L242-1 du Code des assurances) intervient elle aussi après la réception. Son rôle : préfinancer rapidement la réparation des désordres de nature décennale, sans attendre qu’un tribunal désigne le responsable. Le maître d’ouvrage est indemnisé vite, l’assureur se retournant ensuite contre les responsables.
Ces trois garanties ne se concurrencent pas : elles se complètent dans le temps. La TRC sécurise la phase de construction, le duo décennale / dommages-ouvrage prend le relais pour les dix années suivant la livraison.
Pour visualiser en un coup d’œil la répartition des rôles entre les trois grandes garanties du chantier, voici qui intervient selon le moment et la nature du dommage. La ligne de partage est toujours la même : avant ou après la réception des travaux.
Situation
TRC
Décennale
Dommages-Ouvrage
Dommage matériel à l'ouvrage pendant le chantier, avant réception
✓ Oui
✗ Non
✗ Non
Vol de matériaux ou vandalisme sur le chantier
✓ Oui
✗ Non
✗ Non
Malfaçon révélée en cours de travaux
✓ Oui
✗ Non
✗ Non
Désordre compromettant la solidité, après réception
✗ Non
✓ Oui
✓ Oui
Préfinancement rapide d'un désordre décennal sans attendre le responsable
✗ Non
✗ Non
✓ Oui
Dommages causés aux tiers du fait du chantier
Via RCMO
✗ Non
✗ Non
La garantie RCMO (Responsabilité Civile du Maître d'Ouvrage)
À la TRC peut s’ajouter une garantie précieuse : la Responsabilité Civile du Maître d’Ouvrage (RCMO). Là où la TRC protège l’ouvrage lui-même, la RCMO protège le maître d’ouvrage contre les dommages causés aux tiers du fait du chantier.
Un chantier, en effet, ne concerne pas que celui qui construit. Les travaux peuvent fissurer le mur d’un voisin, blesser un passant, endommager une voirie ou un réseau enterré. Dans ces situations, la responsabilité du maître d’ouvrage peut être engagée. La RCMO prend alors en charge l’indemnisation de ces tiers, évitant au porteur de projet d’assumer seul des conséquences financières parfois lourdes.
Associer TRC et RCMO au sein d’un même contrat offre une couverture cohérente : d’un côté l’ouvrage, de l’autre les tiers. C’est une combinaison que nous recommandons systématiquement chez Batirio pour les opérations en milieu urbain ou en mitoyenneté, où le risque de dommage au voisinage est réel.
Qui souscrit la TRC ? Le rôle de la police unique de chantier (PUC)
La TRC est le plus souvent souscrite par le maître d’ouvrage — celui qui porte le projet et finance la construction. C’est logique : c’est lui qui a le plus à perdre en cas de sinistre sur l’ouvrage, et qui a donc tout intérêt à protéger son investissement. Il arrive aussi que l'entreprise principale ou le constructeur souscrive la garantie, notamment sur des marchés où elle en assume contractuellement la charge.
Lorsqu’un chantier réunit de nombreux intervenants — gros œuvre, corps d’état techniques, sous-traitants — la meilleure formule est souvent la police unique de chantier (PUC). Un seul contrat couvre alors l’ensemble des participants à l’opération, ce qui présente un double avantage : plus aucune faille de couverture entre les différents lots, et une gestion de sinistre unifiée, sans renvoi de responsabilité d’un assureur à l’autre.
Chez Batirio, nous vous aidons à déterminer qui doit porter le contrat et si une police unique de chantier est pertinente pour votre opération, en fonction du nombre d’intervenants et de la structure de votre marché.
Chantiers neufs vs rénovation lourde : les points de vigilance
La TRC s’applique aussi bien aux constructions neuves qu’aux opérations de rénovation lourde. Mais ces deux contextes n’appellent pas la même vigilance.
Sur un chantier neuf, tout part de zéro : l’ouvrage se construit sur un terrain nu, et la couverture porte naturellement sur l’ensemble de ce qui s’édifie. Le cadrage du risque est généralement plus simple.
En rénovation lourde, la difficulté vient des existants : le bâtiment que l’on transforme est déjà là, et les travaux peuvent l’endommager. La question de la couverture des parties existantes devient centrale. Toutes ne sont pas automatiquement garanties : il faut définir précisément le périmètre, déclarer l’état initial du bâti et parfois faire réaliser un constat avant travaux. Une structure ancienne fragilisée, un mur porteur touché lors d’une démolition, un plancher affaissé — autant de situations où le détail des garanties sur existants fait toute la différence.
Notre rôle, chez Batirio, est précisément de sécuriser ce cadrage en rénovation : bien décrire l’ouvrage, l’état des existants et l’ampleur des interventions, pour éviter les mauvaises surprises au moment du sinistre.
Combien coûte une TRC ? Les facteurs de prix
Le prix d’une TRC ne se résume pas à un tarif catalogue : il se calcule sur mesure, car chaque chantier est unique. La cotisation est généralement exprimée en pourcentage du coût total de l’ouvrage, et dépend de plusieurs facteurs :
Le montant total de l’ouvrage à assurer, qui constitue l’assiette de calcul principale ;
La durée du chantier : plus les travaux s’étalent dans le temps, plus la période d’exposition au risque est longue ;
Les techniques de construction employées et la complexité de l’ouvrage ;
La nature de l’opération : construction neuve ou rénovation lourde, cette dernière étant souvent jugée plus délicate en raison des existants ;
La localisation et l’environnement du chantier (mitoyenneté, exposition aux aléas naturels).
Parce que ces paramètres varient fortement d’un projet à l’autre, une TRC se chiffre toujours sur étude. Chez Batirio, nous établissons un devis personnalisé après analyse de votre opération, pour une couverture calibrée au plus juste de vos besoins réels.
Les fourchettes ci-dessous sont purement indicatives et données à titre d’ordre de grandeur : la cotisation réelle dépend de votre projet et fait toujours l’objet d’une étude personnalisée. La TRC s’exprime en pourcentage du coût total de l’ouvrage.
Trois sinistres réels, trois raisons d’être couvert
Auvergne-Rhône-Alpes · Construction neuve
Incendie de chantier sur une charpente bois
Un poste de soudure mal maîtrisé enflamme la charpente d'une maison individuelle en cours de construction, quelques semaines avant la mise hors d'eau. Le feu détruit la toiture et une partie de l'ossature déjà montée.
85 000 €reconstruction charpente et toiture
Pris en charge — dommage en cours de chantier
Occitanie · Immeuble collectif
Effondrement d'un coffrage au coulage
Pendant le coulage d'une dalle en béton, un coffrage cède sous la pression. Le béton frais se déverse, une partie de la structure porteuse en cours de réalisation est endommagée et doit être démolie puis reprise.
120 000 €démolition et reprise de structure
Pris en charge — dommage en cours de chantier
Bretagne · Rénovation lourde
Tempête sur une ossature non couverte
Une violente tempête frappe le chantier de réhabilitation d'un corps de ferme dont l'ossature venait d'être montée mais pas encore couverte. Des pans entiers de la structure sont arrachés, des matériaux stockés sur site emportés.
60 000 €remise en état ossature et matériaux
Pris en charge — dommage en cours de chantier
Questions fréquentes
Vos questions, nos réponses
Non. Contrairement à la garantie décennale, imposée aux constructeurs, la TRC est une assurance facultative : aucun texte n'oblige à la souscrire. Pour autant, elle est fortement conseillée dès qu'un chantier représente un investissement important. Sans elle, un incendie, un effondrement ou une tempête pendant les travaux peut laisser le maître d'ouvrage face à des coûts de reconstruction considérables, sans indemnisation et avec un chantier à l'arrêt. La TRC transforme ce risque en une couverture maîtrisée, ce qui explique pourquoi la grande majorité des opérations d'envergure y ont recours, même en l'absence d'obligation légale.
La différence tient au moment où chacune intervient. La TRC couvre les dommages matériels subis par l'ouvrage pendant le chantier, du premier jour de travaux jusqu'à la réception. La dommages-ouvrage, elle, n'entre en jeu qu'après la réception : elle préfinance rapidement la réparation des désordres de nature décennale, sans attendre qu'un responsable soit désigné. En résumé, la TRC sécurise la phase de construction, la dommages-ouvrage prend le relais pour la période de dix ans qui suit la livraison. Les deux garanties sont complémentaires et couvrent des temps différents de la vie de l'ouvrage.
Le plus souvent, c'est le maître d'ouvrage qui souscrit la TRC, car c'est lui qui finance l'ouvrage et a le plus à perdre en cas de sinistre. Mais l'entreprise principale ou le constructeur peut aussi porter le contrat, notamment lorsque le marché le prévoit. Sur les chantiers réunissant de nombreux intervenants, la solution idéale est souvent une police unique de chantier (PUC) : un seul contrat couvre alors l'ensemble des participants, ce qui évite les trous de garantie entre les lots et simplifie la gestion des sinistres. Chez Batirio, nous vous aidons à déterminer la formule la plus adaptée à votre opération.
Oui, la TRC s'applique aux opérations de rénovation lourde comme aux constructions neuves. En rénovation, un point mérite toutefois une attention particulière : les existants, c'est-à-dire les parties du bâtiment déjà présentes avant les travaux. Elles ne sont pas systématiquement couvertes et nécessitent souvent une déclaration précise de leur état initial, parfois un constat avant travaux. Un mur porteur endommagé lors d'une démolition ou une structure ancienne fragilisée relèvent de ce cadrage spécifique. Bien décrire le périmètre et l'état des existants est essentiel pour éviter les mauvaises surprises. C'est un point sur lequel Batirio vous accompagne systématiquement.
C'est précisément l'un des grands atouts de la TRC. Sur un chantier, les intervenants sont multiples et déterminer qui est responsable d'un dommage peut prendre des mois, voire des années. La TRC ne subordonne pas l'indemnisation à cette recherche : elle prend en charge les dommages matériels à l'ouvrage sans attendre qu'un responsable soit désigné. Les fonds sont débloqués rapidement, la réparation peut commencer et le chantier repart sans s'enliser. L'assureur peut ensuite exercer un recours contre l'éventuel responsable, mais cette démarche ne pénalise pas le maître d'ouvrage, déjà indemnisé.
La TRC couvre l'ouvrage du premier jour des travaux jusqu'à la réception. La réception est l'acte par lequel le maître d'ouvrage accepte l'ouvrage, avec ou sans réserves : c'est le moment charnière où la garantie TRC prend fin et où les garanties d'après-réception, comme la décennale et la dommages-ouvrage, prennent le relais. Certaines formules prévoient une période de maintenance ou de parfait achèvement complémentaire après la réception, dont les modalités sont définies au contrat. Il est donc important de bien situer la date de réception dans votre projet, car elle marque la frontière entre les deux grands régimes de couverture du chantier.