Garantie obligatoire · Loi Spinetta

Assurance décennale (RC décennale)

Obligation, prix 2026, attestation et devis en ligne — tout ce qu'il faut savoir sur l'assurance décennale avant votre prochain chantier.

Réponse courte

L’assurance décennale est obligatoire pour tout professionnel de la construction avant l’ouverture du chantier (art. L241-1 du Code des assurances). Elle couvre pendant 10 ans à compter de la réception les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Comptez de 900 à 3 500 €/an pour un artisan seul, selon métier et chiffre d’affaires.

Mis à jour le 12 juillet 2026 — , courtier en assurances (ORIAS n° 22001730)

Plan d'architecte d'une maison avec cotes, équerre et crayon

Qui est concerné par l'obligation ?

L’obligation d’assurance décennale concerne tout constructeur au sens de l’article 1792-1 du Code civil : entreprises du bâtiment, artisans de tous corps d’état, constructeurs de maisons individuelles, professions de conception et vendeurs d’immeuble à construire. Cette présomption de responsabilité est posée par la loi n° 78-12 du 4 janvier 1978, dite « loi Spinetta ». Parmi les professions de conception figurent les architectes, maîtres d’œuvre, bureaux d’études techniques et ingénieurs-conseils.

Peu importe votre statut : société, micro-entreprise ou entreprise étrangère intervenant en France. Dès lors que vous réalisez des travaux de construction, vous devez être couvert avant l’ouverture du chantier. Le sous-traitant n’est pas soumis à l’obligation d’assurance décennale, mais il engage sa responsabilité sur les mêmes désordres : une RC Pro construction adaptée reste indispensable pour lui.

En pratique, l’obligation naît dès le premier chantier. Beaucoup d’artisans découvrent trop tard qu’ils ont travaillé « à découvert » : un devis signé, un chantier ouvert, et aucune attestation valable. Chez Batirio, nous vérifions systématiquement l’adéquation entre les activités que vous exercez réellement et celles couvertes par votre contrat — c’est la première cause de refus de garantie en cas de sinistre.

Ce que couvre — et ne couvre pas — l'assurance décennale

La garantie décennale ne couvre pas tous les défauts d’un ouvrage : elle vise les désordres les plus graves, ceux qui touchent à la solidité ou à la destination du bâtiment. Les articles 1792 à 1792-7 du Code civil organisent une gradation de garanties selon la gravité et le délai.

Relèvent de la décennale (10 ans) les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage — fissures structurelles, affaissement, effondrement — ou qui le rendent impropre à sa destination : infiltrations généralisées, défaut d’étanchéité rendant les locaux inhabitables, plancher instable. Sont aussi couverts les désordres affectant un élément d’équipement indissociable de l’ouvrage (canalisation encastrée, par exemple).

En revanche, les défauts esthétiques (nuance d’enduit, rayure) relèvent de la garantie de parfait achèvement (1 an, art. 1792-6), et la panne d’un équipement dissociable (chaudière posée, volet motorisé) relève de la garantie de bon fonctionnement (2 ans, art. 1792-3). Les dommages survenus pendant les travaux, avant réception, ne relèvent pas de la décennale mais de l’assurance Tous Risques Chantier.

SituationCouvert ?Fondement
Fissures structurelles compromettant la solidité ✓ Oui Art. 1792 C. civ.
Ouvrage impropre à sa destination (infiltrations généralisées, plancher instable…) ✓ Oui Art. 1792 C. civ.
Élément d'équipement indissociable (canalisation encastrée…) ✓ Oui Art. 1792-2 C. civ.
Défauts esthétiques (nuance d'enduit, rayure…) ✗ Non Parfait achèvement — 1 an, art. 1792-6
Panne d'un équipement dissociable (chaudière posée…) ✗ Non Bon fonctionnement — 2 ans, art. 1792-3
Dommages pendant les travaux, avant réception ✗ Non → Tous Risques Chantier

Ce que vous risquez sans décennale

Travailler sans assurance décennale est un délit pénal : jusqu’à 75 000 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement (art. L243-3 du Code des assurances). Mais la sanction pénale n’est que la partie visible du risque.

Le risque civil est bien plus lourd : en cas de sinistre de nature décennale, vous réparez sur vos fonds propres pendant 10 ans. Une reprise de fondations ou une réfection d’étanchéité peut dépasser 100 000 €. Et la liquidation de l’entreprise ne vous protège pas toujours : le dirigeant peut être poursuivi personnellement pour faute de gestion s’il a exercé sciemment sans assurance.

Enfin, depuis la loi Macron de 2015, votre attestation d’assurance doit figurer sur vos devis et factures, avec la mention de l’assurance souscrite et de la couverture géographique (art. L243-2). Un maître d’ouvrage, un donneur d’ordre ou un maître d’œuvre peut l’exiger à tout moment — et une attestation manquante fait souvent perdre le marché.

Combien coûte une assurance décennale en 2026 ?

En 2026, le tarif d’une assurance décennale dépend d’abord de votre métier, puis de votre chiffre d’affaires, de votre expérience dans le métier et de vos antécédents d’assurance et de sinistralité. Le gros œuvre (maçonnerie, charpente, couverture) pèse structurellement plus lourd que le second œuvre (électricité, plâtrerie, peinture), car les désordres y sont plus rares mais plus coûteux.

Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et servent d’ordre de grandeur. Un devis ferme suppose toujours un recueil précis de votre situation. Bonne nouvelle : un dossier bien préparé (justificatifs d’expérience, qualifications, absence de sinistres) fait souvent baisser sensiblement la prime.

Fourchettes indicatives 2026, hors reprise du passé et hors antécédents lourds. Le tarif ferme est établi après recueil complet de votre besoin.

Pour situer votre métier précisément, consultez le Baromètre Batirio 2026 des prix de l’assurance décennale : fourchettes indicatives pour plus de 140 métiers, médianes par famille et données téléchargeables.

ProfilSecond œuvreGros œuvreConception
Artisan solo (≤ 80 k€ CA)900 – 1 800 €/an1 500 – 3 500 €/an1 200 – 2 500 €/an
TPE (2-5 pers.)1 800 – 4 000 €/an3 000 – 8 000 €/an2 500 – 6 000 €/an
PME (> 1 M€ CA)Tarification sur étude — programme personnalisé Batirio

Mon devis décennale

L'attestation d'assurance décennale : votre sésame de chantier

Une fois votre assurance décennale souscrite, l’assureur vous délivre une attestation d’assurance dont le contenu est strictement encadré par l’arrêté du 5 janvier 2016 : identité de l’assureur et de l’assuré, numéro de contrat, période de validité, activités déclarées et plafonds. C’est ce document que vous joignez à vos devis et factures (obligation de l’article L243-2 du Code des assurances), que réclament les maîtres d’ouvrage, les promoteurs et les acheteurs publics — et que vérifie le juge en cas de sinistre.

Deux points de vigilance : l’attestation ne couvre que les activités qui y figurent (un carrelage posé par un plombier non déclaré pour cette activité n’est pas garanti), et sa période de validité doit couvrir la date d’ouverture du chantier — pas la date du sinistre. Nos guides détaillent les mentions obligatoires, les délais d’obtention et comment vérifier l’attestation d’un sous-traitant.

Souscrire votre assurance décennale en ligne avec Batirio

Notre parcours est pensé pour aller vite sans sacrifier la précision. En trois étapes : 1. vous décrivez votre activité, votre chiffre d’affaires et votre expérience en quelques minutes ; 2. vous recevez une proposition avec une déclaration d’activités au cordeau — le point qui fait qu’une décennale couvre vraiment vos chantiers ; 3. vous signez en ligne et recevez votre attestation.

Les profils dits « difficiles » sont notre spécialité : création d’entreprise, résiliés pour sinistres ou pour non-paiement, jeunes entreprises sans historique. Là où d’autres se contentent d’un refus, nous cherchons la solution — et, en dernier recours, nous vous accompagnons dans la procédure devant le Bureau Central de Tarification (BCT), qui peut contraindre un assureur à vous couvrir.

Changer d'assurance décennale — et rebondir après une résiliation

Votre assurance décennale se renouvelle par tacite reconduction à chaque échéance annuelle. Pour en changer, le principe reste la résiliation à l’échéance avec un préavis de deux mois (art. L113-12 du Code des assurances) — la résiliation infra-annuelle « loi Hamon » ne s’applique pas aux contrats professionnels. Bonne pratique de courtier : obtenir le nouveau contrat avant de résilier l’ancien, pour ne jamais créer de trou de garantie entre deux chantiers. Notre guide résilier sa décennale détaille lettres types et pièges de calendrier.

Vous avez été résilié par votre assureur (impayé, sinistralité) ? Rien n’est perdu : le marché compte des solutions dédiées aux profils « résiliés », moyennant surprime et dossier soigné — c’est précisément le travail d’un courtier spécialisé. En dernier recours, le Bureau Central de Tarification peut contraindre un assureur à vous couvrir : l’assurance décennale étant obligatoire, personne ne doit rester au bord de la route.

Refusé partout ? La procédure BCT

Quand un professionnel ne parvient pas à s’assurer, il n’est pas condamné à travailler sans couverture. Le Bureau Central de Tarification (BCT) est un organisme officiel qui peut être saisi lorsqu’un assureur a refusé de garantir un risque d’assurance obligatoire, comme la décennale.

Concrètement : après un refus écrit d’un assureur, vous disposez d’un délai pour saisir le BCT. Celui-ci fixe alors le montant de la prime moyennant laquelle l’assureur désigné est tenu de vous couvrir, pour les garanties légalement obligatoires. La procédure demande de la rigueur (pièces, délais, courriers) — c’est exactement là que l’accompagnement d’un courtier fait la différence. Notre objectif reste toutefois de vous éviter le BCT en trouvant une solution de marché adaptée à votre profil.

Sources primaires : art. 1792 et s. du Code civil · art. L241-1 du Code des assurances — consultées le 4 juillet 2026.

Cas concrets

Étude Batirio : trois sinistres décennale types et leurs coûts (2026)

Isère · pavillon

Fissures traversantes

Deux ans après réception, des fissures en escalier traversent les murs porteurs : fondations sous-dimensionnées sur sol argileux.

87 000 €Reprise en sous-œuvre par micropieux

Pris en charge — solidité compromise (art. 1792)

Var · piscine enterrée

Piscine qui fuit dans le remblai

La coque se déforme, le bassin perd 3 cm d'eau par jour et déstabilise le remblai en limite de terrasse.

42 000 €Dépose et repose complètes

Pris en charge — ouvrage impropre à sa destination

Rhône · toiture-terrasse

Infiltrations généralisées

Étanchéité mal relevée en périphérie : infiltrations au dernier étage d'un petit collectif, trois hivers de suite.

126 000 €Réfection totale de l'étanchéité

Pris en charge — impropriété à destination (art. 1792)

Coût moyen de ces trois sinistres types : 85 000 € (de 42 000 à 126 000 €) — plusieurs années de chiffre d’affaires d’un artisan. C’est exactement ce que l’assurance décennale prend en charge à votre place pendant dix ans après la réception.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

À la réception des travaux, l'acte par lequel le maître d'ouvrage accepte l'ouvrage, avec ou sans réserves (art. 1792-6 du Code civil). C'est cette date — et non celle de la facture — qui ouvre le délai décennal. D'où l'importance d'un procès-verbal de réception signé et daté sur chaque chantier : sans lui, le point de départ de vos garanties est incertain, ce qui vous expose comme il expose votre client.

Si vous avez exercé sans être assuré, ou mal assuré, la reprise du passé couvre rétroactivement les chantiers ouverts pendant cette période non couverte. Elle n'est jamais automatique et se négocie à la souscription. C'est l'un des points que Batirio étudie systématiquement pour les créateurs et les résiliés : la reprise du passé peut faire la différence entre un dossier assurable et un dossier bloqué.

Votre contrat ne couvre que les activités déclarées. Un maçon qui se met à poser des charpentes sans le déclarer n'est pas couvert pour ces travaux — c'est la première cause de refus de garantie en cas de sinistre. Déclarez chaque nouvelle activité avant le premier chantier concerné ; l'avenant est en général rapide à obtenir et vous évite une exposition financière majeure.

Oui. Depuis la loi n° 2015-990 du 6 août 2015, vos devis et factures doivent mentionner l'assurance souscrite au titre de la décennale, les coordonnées de l'assureur et la couverture géographique du contrat (art. L243-2 du Code des assurances). Une attestation absente ou périmée fait perdre des marchés et peut être sanctionnée. Avec Batirio, votre attestation est disponible dès la souscription.

Les assureurs demandent en général 3 à 5 ans d'expérience dans le métier, salariat compris. Conservez vos certificats de travail, diplômes (CAP, BP), titres RGE et qualifications Qualibat : ils justifient votre savoir-faire. Batirio travaille des solutions dédiées aux créateurs — le tarif est ajusté à ce profil, mais l'accès à l'assurance reste possible dans la grande majorité des cas.

Non. La décennale couvre les dommages à l'ouvrage après réception, pendant 10 ans. La RC Pro (responsabilité civile professionnelle) couvre les dommages causés aux tiers pendant votre activité : un dégât chez le client, un outil qui chute, une blessure. Les deux sont complémentaires et généralement réunies dans un même contrat construction, que Batirio vous propose d'emblée.

Votre attestation décennale, sans paperasse.

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