Quels documents dois-je préparer pour ma demande de devis ?
Mis à jour le 4 août 2026 — Sami Hami, courtier en assurances (ORIAS n° 22001730)
Entre une demande de devis traitée en quelques jours et une autre qui traîne trois semaines, la différence tient rarement à l’assureur : elle tient au dossier. Chaque pièce manquante déclenche un aller-retour, chaque aller-retour ajoute des jours, et pendant ce temps votre chantier attend ou votre contrat actuel approche de son échéance. Préparer le dossier en amont, avant même de solliciter une proposition, est donc le meilleur investissement que vous puissiez faire. Voici ce qu’il contient, ce qui change selon le contrat demandé, et pourquoi l’exactitude compte autant que la complétude.
Quelles pièces administratives constituent le socle du dossier ?
Quel que soit le contrat visé, un socle commun est systématiquement demandé. Il permet d’identifier l’entreprise, de vérifier son existence juridique et de dimensionner le risque.
| Pièce | À quoi elle sert | Où l’obtenir |
|---|---|---|
| Extrait Kbis, avis SIRENE ou équivalent | Prouver l’immatriculation, la date de création, l’objet social | Greffe, INSEE, ou registre de votre pays pour une entreprise étrangère |
| Description des métiers exercés | Définir le périmètre de garantie, activité par activité | À rédiger à partir de vos factures des douze derniers mois |
| Chiffre d’affaires HT | Base de calcul de la cotisation | Liasse fiscale, bilan, ou prévisionnel motivé |
| Ancienneté et expérience du dirigeant | Apprécier la maîtrise technique | Diplômes, certificats de travail, attestations d’employeurs |
| Effectif et statut des intervenants | Mesurer la capacité d’exécution | Registre du personnel, contrats |
| Zone géographique d’intervention | Délimiter la couverture territoriale | À préciser vous-même |
Deux pièces font gagner un temps considérable si vous étiez déjà assuré : votre contrat en cours, conditions particulières comprises, et votre relevé de sinistralité. Le premier permet de comparer à périmètre identique plutôt que de repartir d’une page blanche ; le second retrace votre historique et démontre la continuité de votre couverture. Demandez-le à votre assureur actuel dès maintenant : son édition prend souvent plusieurs semaines.
Ajoutez enfin ce qui valorise votre profil : qualifications professionnelles délivrées par les organismes du secteur, signe de qualité RGE, attestations de formation technique auprès de fabricants, références de chantiers comparables. Ces éléments ne sont pas obligatoires, mais ils étayent votre dossier là où il est examiné avec attention.
Quels documents varient selon le contrat demandé ?
Le socle est commun, mais chaque contrat d’assurance construction interroge une réalité différente. Une RC décennale s’intéresse à qui vous êtes ; une dommages-ouvrage et une tous risques chantier s’intéressent à ce que vous construisez.
| Contrat | Qui souscrit | Pièces spécifiques |
|---|---|---|
| RC décennale | L’entreprise de construction | Liste détaillée des activités avec répartition du chiffre d’affaires, techniques employées, part de sous-traitance, montant du plus gros chantier, relevé de sinistralité |
| Dommages-ouvrage | Le maître d’ouvrage | Permis de construire, plans, notice descriptive, coût prévisionnel des travaux, liste des entreprises et leurs attestations de décennale, mission de maîtrise d’œuvre et de contrôle technique, étude de sol |
| Tous risques chantier | Le maître d’ouvrage ou l’entreprise principale | Descriptif de l’ouvrage, montant des travaux, planning et durée du chantier, existence d’un bâtiment existant, avoisinants et mitoyennetés, mesures de gardiennage |
Quelques précisions utiles. Pour une dommages-ouvrage, l’article L242-1 du Code des assurances impose une souscription avant l’ouverture du chantier : rassemblez donc ces pièces pendant l’instruction du permis, pas après. Pour une tous risques chantier, la présence d’un existant change complètement l’analyse, car les dommages causés au bâtiment déjà en place relèvent d’une garantie distincte à négocier.
Pour une RC décennale, sachez que les attestations de vos propres sous-traitants vous seront demandées si vous en employez. Vous êtes responsable devant votre client de l’ensemble du lot, y compris de la partie sous-traitée : vérifier la couverture de vos sous-traitants relève de votre intérêt direct.
Enfin, si vous demandez plusieurs contrats en parallèle, préparez un dossier unique et complet plutôt que trois envois partiels. Cela évite les incohérences entre déclarations, qui sont l’une des causes les plus fréquentes de blocage d’un dossier.
Pourquoi vos déclarations doivent-elles être exactes ?
Un dossier complet ne suffit pas : il doit être exact. En assurance, la déclaration du risque n’est pas une formalité administrative, c’est le fondement même du contrat.
L’article L113-2 du Code des assurances impose à l’assuré de répondre exactement aux questions posées par l’assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque, et de déclarer en cours de contrat les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux.
Les conséquences d’une déclaration inexacte sont graduées :
- Réticence ou fausse déclaration intentionnelle : l’article L113-8 du Code des assurances prévoit la nullité du contrat lorsqu’elle change l’objet du risque ou en diminue l’opinion pour l’assureur. Vous vous retrouvez rétroactivement sans garantie, alors que votre responsabilité décennale, elle, subsiste.
- Omission ou déclaration inexacte de bonne foi : l’article L113-9 prévoit, lorsqu’elle est constatée après sinistre, une réduction de l’indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues.
Les inexactitudes les plus fréquentes ne relèvent d’ailleurs pas de la mauvaise foi, mais de la négligence :
- une activité exercée occasionnellement et jamais déclarée ;
- un chiffre d’affaires qui a doublé sans que l’assureur en soit informé ;
- une extension géographique, par exemple des chantiers en outre-mer, non prévue au contrat ;
- un recours nouveau à la sous-traitance ;
- un sinistre survenu chez le précédent assureur, oublié dans le questionnaire.
Le bon réflexe est de considérer la déclaration comme un document vivant. Chaque année, à l’échéance, relisez la liste de vos activités assurées et comparez-la à ce que vous avez réellement facturé. C’est un quart d’heure de travail qui protège dix ans de responsabilité. Batirio vous alerte sur ces écarts et vous aide à mettre votre contrat en cohérence avec votre activité réelle.
Combien de temps prend la souscription une fois le dossier complet ?
La durée dépend du contrat et de la complexité du risque, mais un principe se vérifie toujours : le temps d’instruction est bien plus court que le temps de constitution du dossier. C’est donc sur cette phase amont qu’il faut agir.
Les grandes étapes :
- Constitution du dossier. Étape la plus longue, entièrement sous votre contrôle. Le relevé de sinistralité et les attestations de tiers sont les deux éléments qui retardent le plus, car ils dépendent d’autrui.
- Analyse du risque. L’assureur examine la cohérence entre activités, chiffre d’affaires, effectif et expérience. Des questions complémentaires sont fréquentes ; y répondre le jour même fait gagner plusieurs jours.
- Proposition. Cotisation, franchise, périmètre d’activités, plafonds, éventuelles réserves ou exclusions.
- Souscription et édition de l’attestation. C’est le document que vous attendez pour démarrer votre chantier.
Certains éléments allongent mécaniquement l’instruction : une sinistralité significative, une activité technique peu courante, un chiffre d’affaires en forte progression, une création d’entreprise sans historique, une intervention sur des ouvrages non traditionnels, ou une opération de montant élevé.
Quelques réflexes qui accélèrent réellement :
- envoyer toutes les pièces en une fois, dans un seul message clairement organisé ;
- répondre aux demandes complémentaires sans attendre ;
- désigner un interlocuteur unique dans l’entreprise ;
- anticiper l’échéance de votre contrat actuel et engager les démarches en amont du préavis ;
- signaler d’emblée les points sensibles plutôt que de les laisser découvrir.
Ce dernier point mérite d’être souligné. Un dossier qui expose franchement une sinistralité, une activité nouvelle ou une croissance rapide avance beaucoup plus vite qu’un dossier lisse dont les incohérences apparaissent à l’analyse. Batirio, courtier immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 22001730, vous indique la liste exacte adaptée à votre situation et assure le suivi jusqu’à l’édition de votre attestation.
Sources : Article L113-2 du Code des assurances (consulté en août 2026) · Article L241-1 du Code des assurances (consulté en août 2026) · Article L241-2 du Code des assurances (consulté en août 2026) · Article L242-1 du Code des assurances (consulté en août 2026) · Article L243-2 du Code des assurances (consulté en août 2026) · Article A243-3 du Code des assurances, modèle d’attestation (consulté en août 2026)