Déclarer son chantier pour la Tous Risques Chantier (TRC)
Sommaire Les informations requises pour déclarer le chantier
L’essentiel
La déclaration de chantier pour la Tous Risques Chantier fournit à l’assureur les éléments servant à tarifer et à couvrir l’ouvrage : nature et localisation, coût total des travaux (assiette de la prime), durée prévisionnelle, existants conservés et techniques employées. Ces déclarations doivent être exactes et complètes : toute réticence ou fausse déclaration expose à la nullité du contrat (art. L113-8 du Code des assurances) ou à une réduction d’indemnité (art. L113-9). La couverture court jusqu’à la réception (art. 1792-6 C. civ.).
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
Déclarer son chantier pour la TRC, c’est transmettre à l’assureur, avant l’ouverture des travaux, une photographie précise de l’opération à garantir. La Tous Risques Chantier est une assurance de choses souscrite chantier par chantier : contrairement à la responsabilité civile décennale, qui suit l’entreprise, elle se rapporte à un ouvrage donné, sur un site donné, pour une durée donnée. La qualité de la déclaration conditionne donc à la fois le tarif et l’étendue réelle de la garantie.
En tant que courtier en assurances construction, nous constatons que la plupart des litiges sur la TRC ne naissent pas d’une garantie insuffisante en apparence, mais d’une déclaration inexacte ou incomplète au départ : coût des travaux sous-estimé, existants oubliés, durée mal anticipée. Ce guide détaille les informations à fournir, la mécanique du montant des travaux et de la durée, ainsi que le rôle de l’attestation Tous Risques Chantier remise en fin de parcours.
Les informations requises pour déclarer le chantier
La déclaration de chantier repose sur un questionnaire de risque que l’assureur remet au souscripteur. En droit des assurances, ce questionnaire est central : c’est sur la base des réponses apportées que l’assureur apprécie le risque et fixe ses conditions (article L113-2 du Code des assurances, qui impose à l’assuré de répondre exactement aux questions posées). Répondre avec soin n’est donc pas une formalité administrative, mais la condition de validité de la couverture.
Les rubriques que l’assureur attend systématiquement :
- l'identité du maître d’ouvrage et des intervenants (maître d’œuvre, entreprise générale, sous-traitants, bureaux d’études), afin de désigner les assurés bénéficiaires ;
- la nature et la destination de l’ouvrage : maison individuelle, immeuble collectif, bâtiment tertiaire, industriel, ouvrage de génie civil ;
- la localisation exacte du chantier, qui détermine l’exposition (zone inondable, sismicité, mitoyenneté, site urbain dense) ;
- la description technique : mode constructif (maçonnerie traditionnelle, ossature bois, structure métallique), nombre de niveaux, présence de sous-sol, procédés non courants ;
- la question des existants en cas de rénovation : partie de bâtiment conservée et intégrée à l’ouvrage, dont la valeur doit être déclarée si l’on veut la garantir ;
- les garanties optionnelles souhaitées : vol de matériaux, garantie de maintenance-visite après réception, dommages aux existants.
Chaque élément a une incidence directe sur la couverture. Omettre de mentionner un procédé non courant, une reprise en sous-œuvre ou l’existence d’un bâtiment mitoyen n’allège pas seulement la prime : cela peut, en cas de sinistre, faire tomber la garantie. Pour situer votre besoin selon votre profil, consultez notre page « Qui est concerné » et notre pilier sur la Tous Risques Chantier. La déclaration précise de tous les corps de métier rejoint la logique de la décennale, où il faut aussi déclarer l’ensemble des lots réalisés.
Le montant des travaux : l'assiette de la garantie
Le coût total de construction est la donnée la plus structurante de la déclaration. Il constitue l'assiette de la prime — la TRC se tarife le plus souvent en pourcentage du montant des travaux — et, surtout, il détermine le plafond d’indemnisation en cas de sinistre. Un chantier sous-déclaré, c’est un chantier sous-assuré.
Ce montant doit refléter le coût réel et complet de l’opération, tel qu’il figure au permis de construire et aux marchés de travaux : gros œuvre, second œuvre, lots techniques, honoraires de maîtrise d’œuvre, et, en rénovation, la valeur des existants conservés que l’on souhaite garantir. C’est ici que se joue le risque de la sous-assurance.
En effet, si le montant déclaré est inférieur à la valeur réelle de l’ouvrage, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle de capitaux prévue à l’article L121-5 du Code des assurances : l’indemnité est alors réduite dans la proportion entre la valeur déclarée et la valeur réelle. Un exemple chiffré l’illustre clairement :
| Situation | Valeur réelle | Montant déclaré | Sinistre | Indemnité versée |
|---|---|---|---|---|
| Déclaration exacte | 500 000 € | 500 000 € | 100 000 € | 100 000 € |
| Sous-déclaration | 500 000 € | 400 000 € | 100 000 € | 80 000 € (–20 %) |
Dans le second cas, l’ouvrage n’est déclaré qu’à hauteur de 80 % de sa valeur : l’indemnité subit la même réduction de 20 %, quelle que soit l’ampleur du sinistre. À l’inverse, sur-déclarer ne procure aucun avantage — l’indemnité reste plafonnée au préjudice réel — mais alourdit inutilement la prime. L’objectif est donc la justesse. Pour comprendre comment ce montant se traduit en cotisation, voir notre guide « Prix de la Tous Risques Chantier » ; sur la place des existants dans le calcul, consultez « TRC en rénovation : la question des existants ».
La durée du chantier et la période de couverture
La TRC est un contrat à durée déterminée, calé sur celui du chantier. La déclaration doit donc préciser la durée prévisionnelle des travaux : date d’ouverture du chantier et date estimée de réception. Cette durée n’est pas neutre — plus le chantier est long, plus l’ouvrage reste exposé (intempéries, vol, vandalisme), et plus la prime en tient compte.
La couverture s’articule autour d’un jalon juridique majeur : la réception des travaux, définie à l’article 1792-6 du Code civil comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage. La réception est le point de bascule de tout le droit de la construction :
- avant la réception, l’ouvrage est couvert par la TRC contre les dommages matériels le frappant en cours de travaux ;
- à la réception, la garantie principale de la TRC s’éteint et les garanties légales de la construction prennent le relais (parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale au sens de l’article 1792 du Code civil) ;
- après la réception, seule subsiste, si elle a été souscrite, la garantie de maintenance-visite, qui prolonge la TRC pendant la période de parachèvement.
Deux situations imposent une déclaration complémentaire en cours de contrat : un retard significatif qui prolonge le chantier au-delà de la durée prévue (il faut alors demander une prorogation, faute de quoi l’ouvrage n’est plus couvert au terme initial) et une modification substantielle du projet (extension, changement de technique, hausse du budget) qui aggrave le risque. L’article L113-2 du Code des assurances impose de déclarer en cours de contrat les circonstances nouvelles qui aggravent les risques. Sur ces mécanismes, voir « Durée de la TRC et garantie de maintenance » et, pour le lien avec la garantie décennale, notre pilier sur la responsabilité civile décennale.
L'attestation Tous Risques Chantier
Une fois le chantier déclaré et le contrat souscrit, l’assureur délivre une attestation Tous Risques Chantier. Ce document synthétise les éléments de la déclaration et matérialise la couverture. Il n’a pas la même portée légale que l’attestation de décennale — la TRC n’étant pas obligatoire — mais il joue un rôle clé dans la vie du chantier.
L’attestation TRC mentionne en principe :
- l'identité du souscripteur et la liste des assurés bénéficiaires ;
- la désignation du chantier (nature de l’ouvrage, adresse) ;
- le montant des travaux garanti et les principaux plafonds ;
- les garanties souscrites (dommages à l’ouvrage, vol, existants, maintenance-visite) ;
- la période de validité, de l’ouverture du chantier à la réception.
À quoi sert concrètement cette attestation ? Elle est fréquemment demandée par le maître d’ouvrage aux entreprises, par le banquier qui finance l’opération, ou par le promoteur dans un montage collectif, pour vérifier que l’ouvrage en cours est bien assuré. Chaque intervenant doit y lire un point essentiel : son nom figure-t-il parmi les assurés désignés ? Une TRC souscrite par l’entreprise générale ne protège pas automatiquement tous les sous-traitants ni le maître d’ouvrage — encore faut-il qu’ils soient nommés.
Il faut enfin distinguer deux documents souvent confondus : l’attestation TRC couvre l’ouvrage pendant les travaux ; l'attestation d’assurance décennale couvre la responsabilité de chaque constructeur après la réception. Les deux sont complémentaires et ne se remplacent pas. Pour ne rien oublier au démarrage, voir notre guide « Déclarer un sinistre TRC », qui s’appuie directement sur les éléments figurant à l’attestation. En cas de doute sur le contenu ou la portée de votre attestation, notre équipe la relit avec vous ; retrouvez l’ensemble des questions sur notre page FAQ.
Questions fréquentes
L’assureur attend un questionnaire de risque renseigné : identité du maître d’ouvrage et des intervenants, nature et destination de l’ouvrage, localisation exacte, description technique (mode constructif, niveaux, sous-sol, procédés non courants), valeur des existants conservés en rénovation, coût total des travaux et garanties optionnelles souhaitées (vol, maintenance-visite, existants). Ces réponses doivent être exactes : l’article L113-2 du Code des assurances impose de répondre précisément aux questions posées, sous peine de sanctions en cas de sinistre.
Parce qu’il sert d’assiette à la prime et de plafond d’indemnisation. S’il est sous-déclaré, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle de capitaux de l’article L121-5 du Code des assurances : l’indemnité est réduite dans la proportion entre la valeur déclarée et la valeur réelle. Déclarer un chantier à 400 000 € alors qu’il en vaut 500 000 revient à subir une réduction de 20 % sur toute indemnité. Il faut donc déclarer le coût réel et complet, existants inclus.
La TRC est un contrat à durée déterminée calé sur le chantier. Si les travaux se prolongent au-delà de la date de réception prévue, l’ouvrage n’est plus couvert au terme initial : il faut demander une prorogation à l’assureur avant l’échéance. L’article L113-2 du Code des assurances impose par ailleurs de déclarer les circonstances nouvelles aggravant le risque, dont un allongement significatif de la durée d’exposition du chantier.
Jusqu’à la réception des travaux, définie à l’article 1792-6 du Code civil comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage accepte l’ouvrage. À la réception, la garantie principale de la TRC s’éteint et les garanties légales prennent le relais (parfait achèvement, décennale au sens de l’article 1792 du Code civil). Seule la garantie de maintenance-visite, si elle a été souscrite, prolonge la couverture pendant la période de parachèvement.
Non, car la TRC elle-même n’est pas obligatoire, contrairement à la dommages-ouvrage (article L242-1 du Code des assurances) et à la décennale. L’attestation TRC n’a donc pas de portée légale imposée. Elle est néanmoins souvent réclamée par le maître d’ouvrage, le banquier ou le promoteur pour vérifier que l’ouvrage en cours est assuré, et sert de référence en cas de déclaration de sinistre.
Lisez la liste des assurés bénéficiaires figurant sur l’attestation : votre nom ou votre société doit y être expressément désigné. Une TRC souscrite par l’entreprise générale ne couvre pas automatiquement tous les sous-traitants ni le maître d’ouvrage. Vérifiez aussi le montant garanti, les garanties souscrites (vol, existants, maintenance) et la période de validité. Un courtier contrôle ces mentions avant l’ouverture du chantier.
Sources primaires : article L113-2 du Code des assurances (obligations déclaratives de l’assuré), article L113-8 (nullité pour fausse déclaration) et article L113-9 (réduction d’indemnité), article L121-5 du Code des assurances (règle proportionnelle de capitaux), article L242-1 (dommages-ouvrage), article 1792-6 du Code civil (réception) et article 1792 du Code civil (garantie décennale) — Legifrance ; loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 dite « loi Spinetta » ; ORIAS (registre des intermédiaires, courtier n° 22001730). Sources consultées le 4 juillet 2026.
Un chantier à déclarer ? Nous vérifions ensemble le montant à garantir, la durée et les existants pour une TRC bien calibrée.
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