L'attestation d'assurance décennale : mentions obligatoires
Sommaire Pourquoi l'attestation décennale est obligatoire
L’essentiel
L’attestation décennale est le document qui prouve qu’un constructeur a souscrit l’assurance de responsabilité décennale imposée par l’article L241-1 du Code des assurances. Depuis la loi du 17 mars 2014, l’article L243-2 oblige à mentionner cette assurance sur les devis et factures. L’attestation doit préciser l’assureur, l’assuré, la période de validité, les activités et les travaux couverts.
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
L’attestation décennale est la carte d’identité assurantielle d’un professionnel du bâtiment : c’est elle qui prouve, avant le début d’un chantier, que l’entreprise a bien souscrit la garantie de responsabilité civile décennale exigée par la loi. Pour un maître d’ouvrage, savoir lire ce document et en vérifier les mentions obligatoires est la première protection contre un sinistre non couvert.
Mais toutes les attestations ne se valent pas. Une attestation générale prouve l’existence d’un contrat ; elle ne dit rien du chantier précis qui va démarrer. Ce guide détaille pourquoi ce document est obligatoire, ce qu’il doit contenir, comment le contrôler et pourquoi l’attestation nominative de chantier reste la protection la plus fiable.
Pourquoi l'attestation décennale est obligatoire
L’obligation d’assurance décennale découle de la loi Spinetta du 4 janvier 1978, codifiée à l’article L241-1 du Code des assurances : tout constructeur au sens de l’article 1792 du Code civil doit être couvert pour les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant dix ans à compter de la réception des travaux.
L’attestation, elle, matérialise cette couverture. Depuis la loi du 17 mars 2014 (dite loi Hamon), l’article L243-2 du Code des assurances impose au professionnel de justifier de son assurance décennale. Concrètement, l’attestation sert à plusieurs moments clés :
- Avant la signature : le maître d’ouvrage (particulier ou professionnel) vérifie que l’entreprise est bien assurée pour les travaux commandés ;
- À la réception : elle est jointe au dossier de l’ouvrage ;
- En cas de revente dans les dix ans : le vendeur doit pouvoir prouver que les travaux réalisés étaient couverts.
Sans attestation, impossible de savoir si l’entreprise est réellement assurée. Un artisan non assuré s’expose à des sanctions pénales (jusqu’à 75 000 € d’amende et six mois d’emprisonnement selon les cas), et le maître d’ouvrage se retrouve sans recours efficace si l’ouvrage se dégrade.
Il faut bien distinguer deux documents complémentaires. L’attestation décennale prouve que le constructeur est couvert pour sa propre responsabilité. L’assurance dommages-ouvrage, elle, est souscrite par le maître d’ouvrage et sert à préfinancer les réparations sans attendre qu’un tribunal désigne un responsable. Les deux relèvent du même socle légal, la loi Spinetta, mais ne se remplacent pas : un chantier bien sécurisé combine idéalement les deux.
Ce que l'attestation décennale doit contenir
Le contenu des attestations d’assurance décennale a été harmonisé par l’arrêté du 5 janvier 2016, qui a fixé un modèle-type. Une attestation conforme doit permettre d’identifier sans ambiguïté qui est couvert, pour quoi et pendant combien de temps. Les mentions attendues sont les suivantes :
| Mention | Ce qu’elle indique |
|---|---|
| Identité de l’assureur | Nom de la compagnie ou de l’intermédiaire (courtier ORIAS) |
| Identité de l’assuré | Raison sociale, SIREN/SIRET, adresse de l’entreprise assurée |
| Numéro de contrat | Référence de la police d’assurance |
| Période de validité | Dates de début et de fin de la garantie (souvent l’année civile en cours) |
| Activités garanties | Liste précise des métiers couverts (maçonnerie, couverture, électricité…) |
| Nature des travaux | Travaux de technique courante ou non courante, seuils de chantier |
| Territorialité | Zone géographique couverte (France métropolitaine, DROM…) |
La mention la plus surveillée est celle des activités garanties : un couvreur assuré pour la seule couverture n’est pas couvert s’il réalise de la charpente ou de l’isolation par l’extérieur. En principe, tout travail hors de la liste déclarée n’est pas garanti, même si l’attestation est valide sur le papier.
Le vocabulaire technique de l’attestation mérite d’être décodé. On parle de travaux de technique courante pour les procédés éprouvés, couverts par des règles professionnelles reconnues (DTU, Avis Techniques valides). Les travaux de technique non courante désignent des procédés innovants ou hors normes, souvent exclus ou soumis à des conditions particulières. Une entreprise titulaire d’une qualification comme Qualibat verra parfois ses activités mieux reconnues, mais la qualification ne remplace jamais l’attestation : seule cette dernière engage l’assureur. Enfin, la période de validité correspond le plus souvent à l’année civile ; ce qui compte juridiquement, c’est que la garantie soit ouverte à la date d’ouverture du chantier, la couverture décennale courant ensuite dix ans à partir de la réception, indépendamment du renouvellement annuel du contrat.
L'attestation sur les devis et les factures
Depuis l’entrée en vigueur de l’article L243-2 du Code des assurances (loi du 17 mars 2014), le constructeur doit mentionner sur ses devis et factures l’assurance décennale qu’il a souscrite. Doivent y figurer :
- les coordonnées de l’assureur ou du garant ;
- la couverture géographique du contrat ou de la garantie.
Cette obligation a été pensée comme une protection du consommateur : le maître d’ouvrage voit, dès le devis, si l’entreprise annonce une assurance décennale. Attention toutefois : une simple ligne sur un devis n’a pas la valeur probante d’une attestation complète. Selon les cas, un professionnel peut inscrire les coordonnées d’un assureur sans que le chantier concerné entre réellement dans le champ des activités garanties.
La bonne pratique, pour un particulier prudent, est donc de ne jamais se contenter de la mention sur le devis : il faut réclamer l’attestation elle-même et, idéalement, une attestation nominative de chantier (voir plus bas).
Comment vérifier une attestation décennale
Recevoir une attestation ne suffit pas ; encore faut-il la contrôler. Voici les points de vérification, dans l’ordre :
- Les dates : l’attestation doit couvrir la période pendant laquelle le chantier est réalisé. Une attestation périmée ou émise pour l’année précédente ne prouve rien pour un chantier en cours.
- Les activités : comparez la liste des activités garanties avec les travaux réellement commandés. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse.
- L’identité de l’assuré : le SIREN/SIRET doit correspondre exactement à l’entreprise qui signe le devis, pas à une société liée ou à un sous-traitant.
- Les seuils et exclusions : certaines attestations plafonnent le coût des ouvrages assurés ou excluent les travaux de technique non courante.
- L’authenticité : en cas de doute, appelez directement l’assureur ou le courtier indiqué sur le document pour confirmer que le contrat est bien en vigueur.
Un maître d’ouvrage peut aussi vérifier qu’un courtier est bien immatriculé sur le registre de l’ORIAS. Batirio, par exemple, est immatriculé sous le numéro ORIAS 22001730, information vérifiable en ligne. Ce réflexe permet d’écarter les faux documents, malheureusement présents dans le secteur.
L'attestation nominative de chantier
L’attestation générale prouve qu’un contrat existe. L’attestation nominative de chantier va plus loin : elle est émise pour un projet précis, avec l’adresse du chantier, la nature et le montant des travaux, et parfois le nom du maître d’ouvrage. C’est la protection la plus solide.
Pourquoi la privilégier ? Parce qu’elle lève les ambiguïtés que laisse subsister l’attestation annuelle :
- elle confirme que ce chantier précis entre bien dans le champ du contrat ;
- elle atteste que le montant des travaux ne dépasse pas les seuils du contrat ;
- elle rassure les autres intervenants (banque, notaire, syndic) qui financent ou suivent le projet.
Pour les chantiers importants — construction de maison individuelle, extension lourde, rénovation structurelle — demander une attestation nominative est une précaution vivement recommandée. En cas de désaccord entre l’assureur et l’entreprise sur l’étendue de la garantie, le Bureau central de tarification (BCT) peut être saisi pour imposer la couverture d’un professionnel qui ne trouve pas d’assureur, mais mieux vaut sécuriser en amont.
Chez Batirio, l’attestation générale comme l’attestation nominative de chantier peuvent être éditées rapidement pour chaque assuré, afin que le professionnel puisse répondre sans délai à la demande d’un maître d’ouvrage.
Questions fréquentes
L’assurance décennale est obligatoire pour les travaux de construction relevant de l’article 1792 du Code civil, c’est-à-dire ceux qui touchent au gros œuvre ou aux éléments d’équipement indissociables. Certains petits travaux d’entretien courant n’y sont pas soumis, mais en cas de doute, mieux vaut exiger l’attestation.
Un professionnel qui exerce sans assurance décennale s’expose, selon les cas, à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 75 000 € d’amende et six mois d’emprisonnement. Il engage aussi sa responsabilité personnelle sur ses biens propres en cas de sinistre.
L’attestation générale prouve qu’un contrat décennal est en cours pour l’entreprise. L’attestation nominative de chantier est émise pour un projet précis (adresse, nature et montant des travaux) et garantit que ce chantier entre bien dans le champ de la couverture.
Vérifiez la cohérence des dates, du SIRET et des activités, puis contactez directement l’assureur ou le courtier mentionné sur le document. Vous pouvez aussi contrôler l’immatriculation du courtier sur le registre public de l’ORIAS.
Oui. Depuis la loi du 17 mars 2014 (article L243-2 du Code des assurances), le constructeur doit indiquer sur ses devis et factures les coordonnées de son assureur décennal et la couverture géographique du contrat.
Sources : Code des assurances, art. L243-2 (consulté le 2026-07-04) ; Code des assurances, art. L241-1 ; Code civil, art. 1792 ; Arrêté du 5 janvier 2016 fixant le modèle d’attestation d’assurance décennale ; service-public.fr — Assurance dommages-ouvrage et responsabilité décennale ; Registre unique des intermédiaires (ORIAS).
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