Chantier & TRC

La garantie de livraison en CCMI : prix et délais garantis

Par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 Mis à jour le 4 juillet 2026 8 min de lecture
Sommaire Le principe : prix et délais convenus
  1. Le principe : prix et délais convenus
  2. Ce que couvre la garantie de livraison
  3. La différence avec la décennale
  4. Ce qu'il faut vérifier avant de signer
  5. Questions fréquentes
  6. Sources & références

L’essentiel

La garantie de livraison CCMI est une assurance obligatoire (art. L231-6 du Code de la construction et de l’habitation) qui protège le client contre la défaillance du constructeur : elle garantit l’achèvement de la maison au prix et dans les délais convenus. En cas de faillite du constructeur, le garant finance la reprise du chantier et couvre les surcoûts et pénalités de retard.

Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026

La garantie de livraison CCMI est la protection la plus importante d’un contrat de construction de maison individuelle. Signer un CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle) engage le constructeur à livrer votre maison à prix et délais convenus, mais que se passe-t-il s’il fait faillite en cours de chantier ? C’est précisément le rôle de cette garantie : sécuriser le maître d’ouvrage (le client) jusqu’à la réception des travaux.

Souvent confondue avec l’assurance dommages-ouvrage ou la décennale, la garantie de livraison répond à une logique différente : elle ne couvre pas les malfaçons futures, mais la bonne fin financière du chantier. Ce guide détaille son principe, sa couverture, sa différence avec la décennale et les points à vérifier avant de signer.

Le principe : prix et délais convenus

La garantie de livraison à prix et délais convenus est imposée par l’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation (CCH). Elle s’applique uniquement au CCMI avec fourniture de plan, régi par les articles L231-1 et suivants. Le constructeur ne peut pas ouvrir le chantier tant qu’il n’a pas obtenu cette garantie auprès d’un établissement de crédit ou d’une entreprise d’assurance.

Concrètement, un garant (banque ou assureur) s’engage envers le maître d’ouvrage à ce que la maison soit achevée, même si le constructeur défaille. Le garant se substitue au constructeur pour terminer les travaux, sans que le client ait à débourser plus que le prix contractuel initial (déduction faite de ce qui reste dû).

  • Prix convenu : le montant fixé au contrat est verrouillé. Le garant absorbe les dépassements liés à la reprise.
  • Délais convenus : si le retard dépasse le délai contractuel, des pénalités sont dues au client (au minimum 1/3000e du prix par jour de retard).
  • Obligation d’ordre public : le constructeur ne peut ni la supprimer ni la contourner ; son absence rend le contrat attaquable.

Ce que couvre la garantie de livraison

La garantie de livraison intervient dès que le constructeur est défaillant : liquidation judiciaire, abandon de chantier, ou refus d’exécuter ses obligations. Le maître d’ouvrage met en demeure le constructeur, puis actionne le garant. Voici l’étendue de la couverture :

  • Achèvement de la maison : le garant fait terminer les travaux par une autre entreprise.
  • Surcoûts de reprise : la différence entre le prix convenu et le coût réel d’achèvement est prise en charge par le garant.
  • Pénalités de retard : versées au client au-delà du délai contractuel de livraison.
  • Levée des réserves à la réception si le constructeur ne s’en charge pas.
  • Remboursement des dépassements de prix injustifiés supérieurs à 5 % (art. L231-3 CCH) si le constructeur défaille.

La garantie s’éteint à la réception des travaux lorsqu’aucune réserve n’a été formulée, ou à la levée des réserves. Après cette date, ce sont la décennale et la dommages-ouvrage qui prennent le relais pour les désordres.

La différence avec la décennale

La confusion est fréquente : garantie de livraison et assurance décennale interviennent à des moments différents et couvrent des risques distincts. La garantie de livraison protège la bonne fin financière du chantier (avant réception), tandis que la décennale (art. 1792 du Code civil) couvre les désordres graves de l’ouvrage pendant 10 ans après réception.

Le tableau ci-dessous synthétise ces différences :

CritèreGarantie de livraisonAssurance décennale
Base légaleArt. L231-6 CCHArt. 1792 C. civ. / L241-1 C. assur.
Risque couvertDéfaillance du constructeurDommages compromettant la solidité ou l’usage
PériodeAvant la réception10 ans après la réception
BénéficiaireMaître d’ouvrage (client)Maître d’ouvrage et acquéreurs successifs
Souscrite parLe constructeur (garant obligatoire)Chaque intervenant à l’acte de construire

Un CCMI complet cumule donc plusieurs protections : garantie de livraison, garantie de parfait achèvement (1 an), garantie de bon fonctionnement (2 ans), et garantie décennale (10 ans). Elles se complètent, elles ne se remplacent pas.

Ce qu'il faut vérifier avant de signer

Avant de signer un CCMI, contrôlez systématiquement la présence et la solidité de la garantie de livraison. Son absence est un signal d’alerte majeur : un constructeur qui ne l’obtient pas peut présenter un risque financier. Points à vérifier :

  • Attestation de garantie annexée au contrat : elle doit être jointe au CCMI, avec le nom du garant (banque ou assureur agréé).
  • Identité du garant : vérifiez qu’il s’agit d’un établissement de crédit ou d’une entreprise d’assurance habilitée.
  • Montant garanti : il doit correspondre au prix convenu de la construction.
  • Mentions obligatoires du CCMI : prix ferme et définitif, délai de livraison, pénalités de retard, notice descriptive.
  • Échéancier de paiement conforme aux plafonds légaux (art. R231-7 CCH) : pas plus de 15 % à l’ouverture du chantier.

Attention : la garantie de livraison protège le client, mais elle ne dispense pas le constructeur de ses propres assurances (RC décennale, RC professionnelle). Si vous êtes constructeur ou artisan intervenant sur un CCMI, vous devez justifier de votre décennale : c’est une condition de sérieux exigée par les maîtres d’ouvrage et souvent par le garant lui-même.

Questions fréquentes

Oui. L’article L231-6 du CCH rend cette garantie obligatoire pour tout CCMI avec fourniture de plan. Le constructeur ne peut pas ouvrir le chantier sans l’avoir obtenue auprès d’une banque ou d’un assureur.

C’est le constructeur qui souscrit et finance la garantie de livraison auprès de son garant. Son coût est intégré au prix global du CCMI et n’est pas facturé séparément au client.

Le maître d’ouvrage met en demeure le constructeur, puis actionne le garant. Ce dernier fait achever la maison par une autre entreprise, prend en charge les surcoûts et verse les éventuelles pénalités de retard.

Non, pas après réception. Elle garantit l’achèvement du chantier et la levée des réserves formulées à la réception. Les désordres graves apparaissant ensuite relèvent de la garantie décennale (art. 1792 C. civ.).

La garantie de livraison sécurise l’achèvement du chantier avant réception. La dommages-ouvrage, elle, préfinance la réparation des désordres décennaux après réception, sans attendre de déterminer les responsabilités.

Non. Elle est spécifique au CCMI avec fourniture de plan. Un contrat de maîtrise d’œuvre classique ou des marchés de travaux séparés n’y donnent pas droit, d’où l’importance de choisir le bon montage contractuel.

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