La procédure BCT pas à pas : saisir le Bureau Central de Tarification
Sommaire Qu'est-ce que le Bureau Central de Tarification (BCT) ?
L’essentiel
Le Bureau Central de Tarification (BCT) est l’organisme public que vous saisissez quand un assureur refuse de couvrir une assurance obligatoire, comme la RC décennale. Après un refus écrit, saisissez-le sous 15 jours par lettre recommandée. Le BCT ne délivre pas le contrat : il impose à un assureur désigné de vous couvrir en fixant uniquement la prime (art. L243-4 du Code des assurances).
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
Le Bureau Central de Tarification est le dernier recours de l’artisan ou du constructeur essuyant un refus d’assurance décennale, obligatoire depuis la loi Spinetta. Quand aucun assureur n’accepte de couvrir un métier du bâtiment jugé à risque, le BCT contraint une compagnie à assurer le professionnel, en fixant elle-même le montant de la prime. Comprendre cette procédure évite de rester sans garantie et donc dans l’illégalité.
Chez Batirio, nous accompagnons régulièrement des maçons, couvreurs, charpentiers ou entreprises générales confrontés à un refus. Ce guide détaille, étape par étape, quand et comment saisir le BCT, les pièces à réunir, les délais à respecter et ce que l’organisme peut réellement imposer à l’assureur.
Qu'est-ce que le Bureau Central de Tarification (BCT) ?
Le Bureau Central de Tarification est un organisme administratif indépendant institué par le Code des assurances (art. L243-4 et R250-1 et suivants). Sa mission : garantir l’accès aux assurances rendues obligatoires par la loi lorsque le marché refuse de couvrir un risque. Il existe une section spécialisée pour l’assurance construction (RC décennale et dommages-ouvrage).
Le principe est simple : une entreprise du bâtiment ne peut légalement exercer sans assurance décennale (loi n° 78-12 du 4 janvier 1978, dite loi Spinetta). Si tous les assureurs sollicités refusent, le professionnel se retrouve dans une impasse. Le BCT lève ce blocage en désignant d’office un assureur, tenu de couvrir le demandeur.
- Ce que fait le BCT : il fixe la prime au taux qu’il estime nécessaire pour couvrir le risque.
- Ce qu’il ne fait pas : il ne juge pas la compétence de l’artisan, ne rédige pas le contrat et n’accorde aucune garantie lui-même.
Le maître d’ouvrage ou l’artisan reste libre de renégocier ou de changer d’assureur ensuite si une meilleure offre apparaît sur le marché.
Le BCT est composé de représentants des assureurs et des assurés, sous la présidence d’un membre du Conseil d’État. Cette composition paritaire garantit que le tarif imposé reste équilibré : ni punitif pour le professionnel, ni sous-évalué pour l’assureur désigné. Sa décision s’impose aux deux parties.
Quand saisir le BCT après un refus d'assurance ?
Vous ne pouvez pas saisir le Bureau Central de Tarification dès le premier courrier négatif. La saisine suppose un refus caractérisé, matérialisé par écrit. En principe, deux situations ouvrent le droit à saisine :
- Un assureur a notifié un refus écrit de couvrir votre RC décennale (ou votre dommages-ouvrage) ;
- Ou l’assureur n’a pas répondu dans un délai de 15 jours à votre demande complète de garantie : ce silence vaut refus.
Concrètement, sollicitez toujours l’assurance par écrit et conservez la preuve de votre demande. Un devis non abouti ou un simple appel téléphonique ne suffit pas : il faut une trace formelle du refus. Le refus tacite (silence de 15 jours) est un motif recevable, souvent méconnu.
Le recours au BCT concerne surtout les profils jugés difficiles : métiers techniques à sinistralité élevée (étanchéité, charpente, gros œuvre), entreprise nouvellement créée sans historique, reprise d’activité après une résiliation, ou antécédents de sinistres. Un maître d’ouvrage souhaitant une assurance dommages-ouvrage peut lui aussi être concerné en cas de refus.
Avant d’en arriver là, un courtier spécialisé peut souvent débloquer une solution de marché : reformuler la déclaration d’activités, cibler les assureurs qui acceptent le profil, documenter l’expérience réelle du dirigeant. C’est précisément notre rôle chez Batirio. Le BCT reste le filet de sécurité ultime, pas la première porte à laquelle frapper.
Les pièces à fournir pour saisir le BCT
La saisine se fait par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au Bureau Central de Tarification. Le dossier doit être complet, sous peine d’irrecevabilité ou de rallongement des délais. Réunissez en principe :
- Le formulaire de saisine du BCT dûment rempli (disponible sur le site du BCT) ;
- La preuve du refus : copie de la lettre de refus de l’assureur, ou preuve de votre demande restée sans réponse depuis plus de 15 jours ;
- Une proposition d’assurance complète : questionnaire de risque renseigné, activités déclarées, chiffre d’affaires, effectifs ;
- Les justificatifs de l’entreprise : extrait Kbis, qualifications professionnelles (Qualibat le cas échéant), attestations de compétence ou d’expérience ;
- L'historique de sinistralité et, si applicable, le relevé d’informations de l’assureur précédent.
Plus votre dossier est précis sur les activités réellement exercées, plus la couverture imposée sera adaptée. Une déclaration floue ou incomplète peut conduire à une garantie mal calibrée, avec un risque de contestation en cas de sinistre.
Pensez à décrire chaque activité selon la nomenclature des travaux du bâtiment (par exemple : maçonnerie et béton armé, couverture, charpente bois, électricité, plomberie). C’est cette liste d’activités déclarées qui délimite le périmètre de votre couverture décennale : une activité oubliée ne sera pas garantie, même après désignation par le BCT.
Les délais de la procédure BCT
La procédure obéit à des délais stricts qu’il faut anticiper, car un chantier ne peut légalement démarrer sans attestation décennale. Voici les repères principaux à connaître.
| Étape | Délai indicatif |
|---|---|
| Réponse attendue de l’assureur à votre demande | 15 jours (silence = refus) |
| Saisine du BCT après le refus | Dans les 15 jours suivant le refus |
| Instruction et décision du BCT | Plusieurs semaines à quelques mois selon les cas |
| Mise en place du contrat par l’assureur désigné | À réception de la décision du BCT |
Le point de vigilance : le délai de saisine de 15 jours après réception du refus. Passé ce délai, vous devrez en principe recommencer une démarche auprès d’un assureur pour obtenir un nouveau refus. Adressez donc votre dossier au BCT sans attendre, par recommandé, et conservez toutes les preuves d’envoi.
L’instruction n’étant pas immédiate, anticipez : ne planifiez pas l’ouverture d’un chantier tant que l’attestation n’est pas émise. Exercer sans assurance décennale expose à des sanctions pénales (jusqu’à six mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, art. L243-3 du Code des assurances) et engage votre responsabilité personnelle en cas de désordre relevant de la garantie décennale.
Pendant l’instruction, gardez le contact avec le BCT et répondez rapidement à toute demande de pièce complémentaire : un dossier incomplet est la première cause d’allongement des délais.
Ce que fixe le BCT : la prime, pas la garantie
Une fois saisi, le Bureau Central de Tarification désigne un assureur et fixe le montant de la prime que celui-ci ne peut refuser. C’est le cœur de son pouvoir : il impose la souscription et arbitre le tarif, en tenant compte du niveau de risque du professionnel.
- Le BCT fixe la prime au taux qu’il juge nécessaire pour équilibrer le risque ;
- L’assureur désigné est tenu d’accorder la garantie obligatoire (RC décennale et, selon les cas, dommages-ouvrage) ;
- Le BCT peut prévoir une franchise à la charge de l’assuré, non opposable aux tiers victimes.
Attention : la prime fixée par le BCT est souvent plus élevée qu’une offre négociée sur le marché, car elle reflète un risque que les assureurs jugeaient inassurable. La couverture reste toutefois strictement conforme aux obligations légales : elle protège le maître d’ouvrage pendant les dix ans suivant la réception, au titre de la garantie décennale (art. 1792 du Code civil).
Une fois le contrat en place, rien ne vous empêche de rechercher, dès que votre situation s’améliore, une offre plus compétitive. C’est précisément le type d’accompagnement que propose Batirio : sécuriser d’abord votre obligation, puis optimiser votre tarif.
Questions fréquentes
Non. Le Bureau Central de Tarification ne délivre pas lui-même de garantie, mais il ne peut vous laisser sans solution : sa mission est de désigner un assureur tenu de vous couvrir. Il fixe la prime, jamais un refus.
La saisine du BCT est gratuite. En revanche, la prime d’assurance fixée par le BCT est souvent supérieure aux tarifs du marché, car elle couvre un risque que les assureurs jugeaient difficile.
En principe, vous disposez de 15 jours à compter du refus écrit de l’assureur pour saisir le BCT par lettre recommandée. Le silence de l’assureur pendant 15 jours vaut également refus et ouvre ce droit.
Oui. La section construction du BCT couvre les assurances obligatoires de la loi Spinetta, ce qui inclut la RC décennale des constructeurs et l’assurance dommages-ouvrage du maître d’ouvrage.
Oui. Rien ne vous oblige à conserver le contrat imposé. Dès qu’une offre de marché plus avantageuse est accessible, vous pouvez résilier dans les conditions habituelles et souscrire ailleurs.
Souvent, oui. Un courtier spécialisé en assurance construction connaît les assureurs acceptant les profils atypiques. Chez Batirio, nous cherchons d’abord une solution de marché avant d’envisager le recours au BCT.
Sources : Code des assurances, art. L243-4 (Bureau Central de Tarification) (consulté le 2026-07-04) ; Code civil, art. 1792 (garantie décennale) (consulté le 2026-07-04) ; Loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 (loi Spinetta) (consulté le 2026-07-04) ; service-public.fr — Refus d’assurance et Bureau Central de Tarification (consulté le 2026-07-04). Auteur : courtier immatriculé ORIAS n° 22001730.
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