Devis et factures BTP : toutes les mentions obligatoires à ne pas oublier
Sommaire Les mentions légales : identifier l’entreprise et le client
L’essentiel
Les mentions obligatoires d’un devis bâtiment sont : identité et SIRET de l’entreprise, coordonnées du client, date, détail chiffré des travaux, prix HT et TTC, taux de TVA, durée de validité, et la mention de l’assurance décennale (art. L243-2 al. 2 C. assur.). Le devis accepté vaut contrat (art. 1583 C. civ.) ; au-delà de 1 500 € un devis écrit est requis pour les travaux de dépannage et réparation.
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
Connaître les mentions obligatoires d’un devis bâtiment n’est pas un détail administratif : un devis ou une facture BTP incomplet expose l’artisan à des amendes, à des litiges avec le client et, parfois, au rejet pur et simple d’un marché. Dans le bâtiment, ces documents cumulent les exigences de plusieurs codes — Code de commerce, Code civil, Code de la consommation et Code des assurances — auxquelles s’ajoutent des mentions propres au secteur.
Ce guide fait le tour complet de ce qui doit figurer sur vos devis et vos factures : les mentions légales de l’entreprise, l’assurance décennale, la TVA et les conditions de paiement, puis les mentions spécifiques au BTP. Il se termine par un modèle conforme prêt à adapter. L’objectif : des documents propres, opposables et rassurants pour vos clients.
Les mentions légales : identifier l’entreprise et le client
Tout devis et toute facture doivent d’abord permettre d’identifier sans ambiguïté qui vend et qui achète. Ces mentions sont le socle commun, quel que soit le corps de métier. Un devis dans le bâtiment est obligatoirement établi par écrit, en deux exemplaires, avant le début des travaux.
Sur le devis, doivent figurer :
- la date de rédaction du devis et sa durée de validité ;
- le nom, la raison sociale et l’adresse de l’entreprise, sa forme juridique et son numéro SIRET ;
- le numéro RCS (pour un commerçant) ou RM (répertoire des métiers, pour un artisan) et la ville du greffe ;
- le numéro individuel de TVA intracommunautaire dès lors que le montant HT dépasse le seuil légal ;
- le nom et l’adresse du client ;
- la date de début et la durée estimée des travaux ou de la prestation ;
- le décompte détaillé, en quantité et en prix, de chaque prestation et produit nécessaire (main-d’œuvre, matériaux, déplacement) ;
- le prix horaire ou forfaitaire de la main-d’œuvre, les frais de déplacement le cas échéant ;
- la somme globale à payer HT et TTC, avec le taux de TVA applicable ;
- le caractère gratuit ou payant du devis.
La facture reprend ces éléments d’identification et y ajoute son numéro unique et séquentiel, la date d’émission, la date de la vente ou de la prestation, ainsi que la désignation et le décompte des travaux réalisés. Le devis accepté, daté et signé par le client avec la mention « bon pour accord », vaut contrat au sens de l’article 1583 du Code civil : il engage les deux parties sur le prix et le contenu.
L’assurance décennale : une mention imposée dans le BTP
C’est la mention qui distingue le BTP de la plupart des autres secteurs. Depuis la loi du 6 août 2015 (art. 95, codifié à l’article L243-2 al. 2 du Code des assurances), tout professionnel soumis à l’assurance construction obligatoire doit faire état de son assurance décennale sur ses devis et ses factures. L’obligation s’applique aux chantiers ouverts à compter du 1er janvier 2017.
Concrètement, vous devez indiquer sur ces documents :
- l’assurance de responsabilité décennale souscrite au titre de l’obligation légale (art. L241-1 C. assur.) ;
- les coordonnées de l’assureur ou du garant qui porte le risque ;
- la couverture géographique du contrat (en principe la France métropolitaine, et selon les cas les DROM).
Cette obligation concerne tout constructeur au sens de l’article 1792-1 du Code civil : maçon, couvreur, charpentier, électricien, plombier-chauffagiste, mais aussi l’architecte et le maître d’œuvre. Le statut micro-entrepreneur ne dispense de rien : un auto-entrepreneur du bâtiment doit lui aussi porter la mention.
Attention à ne pas confondre cette mention synthétique avec l’attestation d’assurance complète, remise chaque année par votre assureur : le devis en est un condensé, pas un substitut. L’attestation nominative reste exigible séparément, notamment à l’appel d’offres et à la réception des travaux.
TVA et conditions de paiement
Le bâtiment applique plusieurs taux de TVA selon la nature des travaux. Le devis et la facture doivent afficher le bon taux et, quand un taux réduit est appliqué, permettre de le justifier. Voici les taux couramment rencontrés en rénovation de logement :
| Taux de TVA | Travaux concernés | Condition |
|---|---|---|
| 20 % (taux normal) | Construction neuve, travaux sur locaux < 2 ans, gros matériel | Cas général |
| 10 % (taux intermédiaire) | Amélioration, transformation, entretien d’un logement | Logement achevé depuis plus de 2 ans |
| 5,5 % (taux réduit) | Travaux d’amélioration de la performance énergétique | Logement de plus de 2 ans, attestation client requise |
Pour bénéficier d’un taux réduit (10 % ou 5,5 %), le client doit remettre une attestation de TVA confirmant l’ancienneté et l’usage du logement ; l’entreprise la conserve à l’appui de sa facture. Pensez à vérifier le taux applicable à chaque chantier, l’administration pouvant redresser une TVA mal appliquée.
Côté paiement, la facture doit préciser :
- la date de règlement (échéance) ;
- le taux des pénalités de retard exigibles en cas de paiement tardif ;
- le montant de l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, entre professionnels ;
- les conditions d’escompte en cas de paiement anticipé (ou l’absence d’escompte) ;
- le cas échéant, le montant et l’échéancier des acomptes déjà versés.
Pour les particuliers, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » remplace le taux et le montant de TVA lorsque l’entreprise bénéficie de la franchise en base (micro-entreprise sous le seuil).
Les mentions spécifiques au BTP
Au-delà du tronc commun, plusieurs règles visent spécifiquement les travaux du bâtiment, surtout face à un client particulier (relation régie par le Code de la consommation).
- Devis écrit obligatoire au-delà d’un seuil : pour les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le secteur du bâtiment et de l’équipement de la maison, un devis détaillé est obligatoire dès que le montant estimé dépasse 1 500 € TTC. En deçà, il est fortement recommandé mais reste conseillé pour la preuve.
- Gratuité du devis : le devis est en principe gratuit, sauf mention contraire claire. S’il est payant (déplacement, étude technique), le prix et son éventuelle déduction en cas de commande doivent être annoncés au préalable.
- Assurance dommages-ouvrage : sur un chantier soumis à cette garantie, il est prudent de rappeler au maître d’ouvrage son obligation d’assurance dommages-ouvrage (art. L242-1 C. assur.), même si elle pèse sur lui et non sur l’entreprise.
- Sous-traitance : en cas de recours à un sous-traitant, la loi du 31 décembre 1975 impose l’acceptation du sous-traitant et l’agrément de ses conditions de paiement par le maître d’ouvrage ; le devis peut utilement mentionner l’intervention prévue.
- Label RGE : pour ouvrir droit à MaPrimeRénov’ ou aux aides à la rénovation énergétique, le devis doit faire apparaître la qualification RGE de l’entreprise (mention du signe de qualité et de son numéro).
- Droit de rétractation : pour un contrat conclu hors établissement (au domicile du client, à la suite d’un démarchage), un formulaire et un délai de rétractation de 14 jours doivent être joints, sauf urgence expressément demandée par écrit.
Ces mentions ne sont pas décoratives : elles conditionnent la validité du contrat, l’obtention d’aides publiques et, en cas de litige, la solidité de votre position.
Un modèle de devis BTP conforme
Voici la trame d’un devis bâtiment conforme, à reprendre bloc par bloc dans votre logiciel de facturation. Remplacez les champs entre crochets par vos informations.
- En-tête : [Raison sociale] — [forme juridique] — [adresse] — SIRET [n°] — RM/RCS [n° et ville] — TVA intracommunautaire [FR…] — tél / e-mail.
- Bloc client : [nom et adresse du client] — date du devis — n° de devis — durée de validité (ex. 30 jours).
- Détail des travaux : désignation ligne par ligne, quantité, prix unitaire HT, main-d’œuvre (taux horaire ou forfait), matériaux, déplacement.
- Totaux : total HT — taux(s) de TVA appliqué(s) — montant de TVA — total TTC — acomptes éventuels.
- Paiement : modalités et échéance, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 € (entre pros), escompte ou absence d’escompte.
- Assurance : « Assurance de responsabilité décennale souscrite auprès de [assureur/garant], [adresse], couverture [zone géographique], contrat n° [police], via Batirio (courtier ORIAS n° 22001730). »
- Acceptation : mention « Devis reçu avant l’exécution des travaux — bon pour accord », date et signature du client.
La facture reprend cette structure en ajoutant son numéro séquentiel, la date d’émission et la date de réalisation des travaux. Un doute sur la formulation exacte de la mention d’assurance ? Un courtier construction peut vous fournir le texte tiré directement de votre contrat, ce qui évite toute erreur de recopie.
Questions fréquentes
Identité et SIRET de l’entreprise, RCS ou RM, TVA intracommunautaire, nom et adresse du client, date et durée de validité, détail chiffré des travaux, prix HT et TTC, taux de TVA, conditions de paiement et mention de l’assurance décennale (art. L243-2 al. 2 C. assur.). Le devis est établi par écrit avant le début des travaux.
Oui pour les prestations de dépannage, réparation et entretien du bâtiment dès que le montant estimé dépasse 1 500 € TTC. En dessous, il n’est pas imposé mais reste fortement conseillé : un devis accepté et signé vaut contrat (art. 1583 C. civ.) et sécurise la relation en cas de litige.
Oui. Depuis la loi du 6 août 2015 (art. L243-2 al. 2 C. assur.), tout professionnel soumis à l’assurance construction obligatoire doit indiquer son assurance décennale, les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique sur ses devis et ses factures, pour les chantiers ouverts depuis le 1er janvier 2017.
20 % pour le neuf et les logements de moins de 2 ans, 10 % pour l’amélioration et l’entretien d’un logement de plus de 2 ans, 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique. Les taux réduits nécessitent une attestation du client sur l’ancienneté et l’usage du logement, à conserver.
Oui, le devis est gratuit par défaut mais peut être payant (déplacement, étude technique) à condition d’en informer clairement le client au préalable. Le prix et son éventuelle déduction en cas de commande doivent être annoncés avant la rédaction du devis.
Un devis ou une facture non conforme expose à des sanctions administratives (amendes pour absence ou irrégularité des mentions), à des litiges avec le client et au rejet du devis par les donneurs d’ordre. Si l’oubli révèle une absence d’assurance décennale, le défaut d’assurance est un délit (art. L243-3 C. assur.).
Sources : service-public.fr — Devis dans le bâtiment, service-public.fr — Mentions obligatoires d’une facture, article L243-2 du Code des assurances, article L241-1 du Code des assurances, article 1583 du Code civil, article 293 B du Code général des impôts (consulté le 2026-07-04). Cet article a une portée informative et ne constitue pas un conseil juridique individualisé.
Une décennale conforme, avec la mention prête pour vos devis et factures.
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