Attestation décennale de chantier : la checklist des informations à réunir avant votre demande
Sommaire Attestation annuelle ou attestation nominative de chantier : ne pas confondre
- Attestation annuelle ou attestation nominative de chantier : ne pas confondre
- Identité de l'entreprise et périmètre du contrat : le socle
- Les informations propres au chantier à rassembler
- Technique courante ou non courante : le piège qui vide la garantie
- Éviter l'attestation non conforme au chantier réellement exécuté
- Questions fréquentes
- Sources & références
L’essentiel
Pour faire établir une attestation décennale nominative de chantier, réunissez avant toute demande : le SIREN et l’extrait Kbis de l’entreprise, l’adresse exacte du chantier, la date d’ouverture de chantier prévisionnelle, la description des travaux rattachée à la nomenclature d’activités du contrat, le coût de l’ouvrage, la nature technique courante ou non courante, et votre qualité (entreprise principale, sous-traitant ou co-traitant). L’assurance décennale est obligatoire dès l’ouverture du chantier au titre de l’article L241-1 du Code des assurances.
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 5 juillet 2026
Un maître d’ouvrage refuse de signer l’ordre de service à la veille du démarrage : l’attestation décennale transmise mentionne « travaux de plomberie » alors que le marché porte sur la pose d’une pompe à chaleur et d’un plancher chauffant. Attestation non conforme, chantier bloqué, pénalités de retard qui courent. Ce scénario, courant, ne vient presque jamais d’un défaut de couverture : il vient d’une demande d’attestation mal renseignée, faute d’avoir rassemblé les bonnes informations en amont.
L’attestation nominative de chantier n’est pas un simple document administratif : c’est la photographie contractuelle de ce que vous allez réellement construire, rattachée à votre contrat décennal. Plus la demande est précise, plus l’attestation protège. Voici, poste par poste, tout ce qu’il faut réunir avant de la demander à votre courtier, pour obtenir un document qui colle exactement au chantier exécuté.
Attestation annuelle ou attestation nominative de chantier : ne pas confondre
Deux documents circulent sous le mot « attestation décennale », et les confondre est la première source de litige. Il faut savoir lequel on demande.
- L’attestation annuelle (ou attestation d’assurance) : elle prouve que votre entreprise détient un contrat décennal en cours de validité pour une liste d’activités, sur une période donnée (l’année d’assurance). Elle est générique, valable pour l’ensemble de vos chantiers, et souvent suffisante pour une inscription ou une candidature à un marché.
- L’attestation nominative de chantier : elle vise un chantier précis, identifié par son adresse, son maître d’ouvrage, sa date d’ouverture et le montant de l’ouvrage. C’est celle que réclament les maîtres d’ouvrage publics, les promoteurs, les notaires et les contrôleurs techniques avant démarrage.
Le contenu minimal de ces attestations est encadré par l’article A243-1 du Code des assurances et son annexe (modèle-type d’attestation d’assurance de responsabilité décennale). L’attestation nominative reprend ce socle en l’ajustant au chantier : c’est pourquoi les informations que vous fournissez avant la demande conditionnent directement sa validité. Une attestation annuelle produite à la place d’une nominative sera régulièrement rejetée sur les opérations soumises à dommages-ouvrage au titre de l’article L242-1.
Identité de l'entreprise et périmètre du contrat : le socle
Avant même de parler du chantier, l’attestation doit identifier sans ambiguïté qui est assuré et pour quoi. Réunissez :
- SIREN / SIRET et extrait Kbis à jour : la raison sociale exacte, la forme juridique et l’adresse du siège doivent correspondre au signataire du marché. Une attestation au nom d’une entité différente (holding, ancienne dénomination) est réputée non conforme.
- Le numéro de contrat décennal et la période de garantie couverte.
- La liste des activités garanties telle qu’elle figure au contrat. C’est le point le plus sensible : l’attestation ne peut couvrir que des travaux relevant d’une activité déclarée et acceptée. Si le chantier comporte une prestation hors nomenclature (par exemple de l’étanchéité alors que seul le lot plomberie est déclaré), l’attestation ne la couvrira pas, quand bien même vous l’exécutez.
La responsabilité décennale elle-même découle des articles 1792 et 1792-2 du Code civil : elle joue de plein droit pour les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. L’assurance qui l’adosse est rendue obligatoire par l’article L241-1 du Code des assurances. L’attestation ne fait que matérialiser cette couverture ; encore faut-il que l’activité réelle du chantier soit dans le périmètre déclaré. D’où l’intérêt de vérifier, avant la demande, l’exacte correspondance entre le marché signé et vos activités déclarées.
Les informations propres au chantier à rassembler
C’est le cœur de la demande nominative. Rassemblez ces sept éléments avant de solliciter votre courtier ; chacun figure sur l’attestation ou détermine son émission.
| Information | Pourquoi elle est indispensable |
|---|---|
| Adresse exacte du chantier | Identifie l’opération. Une attestation sans adresse précise (ou avec une adresse erronée) ne vaut pas pour l’ouvrage concerné. |
| Date d’ouverture de chantier (DOC) prévisionnelle | La garantie décennale se mesure à compter de la réception ; l’ouverture de chantier fixe le point de rattachement du chantier à l’année d’assurance. Un chantier ouvert hors période de validité n’est pas couvert. |
| Description précise des travaux | Elle doit être rattachée à la nomenclature d’activités du contrat, mot pour mot autant que possible. C’est ce qui évite l’attestation « générique » non opposable. |
| Coût de l’ouvrage / montant du marché | Détermine si le chantier reste dans les seuils du contrat. Au-delà d’un certain montant, une déclaration spécifique (grand chantier) est requise. |
| Technique courante ou non courante | Conditionne la couverture (voir section suivante). Non déclarée, une technique non courante peut faire tomber la garantie. |
| Qualité de l’entreprise | Entreprise principale, sous-traitant ou co-traitant : le régime de responsabilité et la mention sur l’attestation diffèrent. |
| Identité du maître d’ouvrage | Figure sur l’attestation nominative et permet au bénéficiaire (notaire, promoteur, DO) de la rattacher à l’opération. |
Astuce de terrain : reprenez le CCTP et l’acte d’engagement du marché pour recopier la désignation exacte des travaux. C’est la formulation du marché — et non un intitulé approximatif — qui doit se retrouver sur l’attestation.
Technique courante ou non courante : le piège qui vide la garantie
La distinction entre technique courante et non courante est décisive et pourtant souvent négligée dans les demandes d’attestation.
- Technique courante : procédés relevant de normes NF DTU en vigueur, de règles professionnelles acceptées, ou d’un Avis Technique / Document Technique d’Application (ATec/DTA) du CSTB en cours de validité. C’est le régime standard des contrats décennaux.
- Technique non courante : tout procédé qui n’entre dans aucune de ces catégories — matériau innovant, absence de DTU, mise en œuvre hors domaine d’emploi de l’Avis Technique, procédé sous Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx). Ces travaux nécessitent une déclaration spécifique et un accord préalable de couverture.
Concrètement : poser une membrane d’étanchéité selon son DTU, c’est de la technique courante ; poser cette même membrane sur une toiture-terrasse végétalisée hors domaine d’emploi de l’Avis Technique, c’est potentiellement non courant. Si vous n’avez pas déclaré la nature non courante avant l’ouverture du chantier, l’attestation émise ne la couvre pas et le sinistre décennal peut rester à votre charge. Vérifiez systématiquement le domaine d’emploi des Avis Techniques des produits que vous mettez en œuvre et signalez tout écart avant la demande d’attestation.
Éviter l'attestation non conforme au chantier réellement exécuté
Une attestation « non conforme » n’est pas seulement un problème de forme : en cas de sinistre, si les travaux exécutés ne correspondent pas à l’activité et à la technique déclarées, la garantie peut être remise en cause. Quelques réflexes pour verrouiller la conformité :
- Anticipez : demandez l’attestation nominative avant l’ouverture de chantier, jamais après. L’assurance décennale doit exister dès l’ouverture (article L241-1) ; une souscription tardive laisse une période découverte.
- Faites correspondre chaque ligne du marché à une activité déclarée. Un lot non couvert = un poste à déclarer ou à sortir du marché.
- Signalez les avenants : si le marché évolue (travaux supplémentaires, changement de procédé), l’attestation initiale peut devenir obsolète. Redemandez une attestation actualisée.
- Conservez la preuve de la déclaration : la demande écrite, avec les sept informations ci-dessus, constitue votre traçabilité en cas de contestation.
Rappelons enfin l’article L113-8 du Code des assurances : une déclaration inexacte ou une omission de mauvaise foi sur le risque peut entraîner la nullité du contrat. Décrire fidèlement le chantier n’est donc pas une formalité : c’est ce qui rend votre attestation opposable et votre garantie mobilisable. En tant que courtier, Batirio (ORIAS 22001730) émet vos attestations nominatives à partir de cette checklist, pour un document qui reflète exactement le chantier exécuté.
Questions fréquentes
L’attestation annuelle prouve que votre entreprise détient un contrat décennal valide pour une liste d’activités, sur l’année d’assurance ; elle est générique. L’attestation nominative vise un chantier identifié (adresse, maître d’ouvrage, date d’ouverture, coût de l’ouvrage). Les maîtres d’ouvrage publics, promoteurs, notaires et opérations soumises à dommages-ouvrage (article L242-1) exigent en général la nominative avant démarrage.
Réunissez le SIREN et l’extrait Kbis à jour, le numéro et la période de votre contrat décennal, la liste des activités déclarées, puis les données du chantier : adresse exacte, date d’ouverture de chantier prévisionnelle, description des travaux rattachée à la nomenclature, coût de l’ouvrage, nature technique courante ou non courante, votre qualité (principale, sous-traitant, co-traitant) et l’identité du maître d’ouvrage.
Parce que l’assurance décennale doit exister dès l’ouverture du chantier (article L241-1 du Code des assurances) et que la date rattache l’opération à une année d’assurance. Un chantier ouvert hors période de validité du contrat, ou avant souscription, laisse une période non couverte : l’attestation ne pourra pas rétablir cette garantie manquante. Demandez toujours l’attestation avant la DOC.
La technique courante regroupe les procédés couverts par une norme NF DTU, des règles professionnelles reconnues ou un Avis Technique/DTA du CSTB en cours de validité et respecté dans son domaine d’emploi. La technique non courante (matériau innovant, absence de DTU, mise en œuvre hors domaine d’emploi, ATEx) exige une déclaration et un accord préalables. Non déclarée, elle peut ne pas être garantie.
Si les travaux réellement exécutés ne correspondent pas à l’activité et à la technique déclarées, la garantie décennale peut être remise en cause en cas de sinistre relevant des articles 1792 et 1792-2 du Code civil. Une omission ou déclaration inexacte de mauvaise foi peut même entraîner la nullité du contrat (article L113-8). D’où l’importance de décrire le chantier fidèlement et d’actualiser l’attestation après tout avenant.
Le sous-traitant n’est pas tenu à la responsabilité décennale directe envers le maître d’ouvrage, mais il engage sa responsabilité contractuelle envers l’entreprise principale, qui reste décennalement responsable des ouvrages. En pratique, l’entreprise principale et de nombreux marchés exigent une attestation couvrant les activités sous-traitées. Précisez donc votre qualité de sous-traitant lors de la demande pour obtenir un document adapté.
Sources : Article 1792 du Code civil (consulté le 2026-07-05) ; Article 1792-2 du Code civil (consulté le 2026-07-05) ; Article L241-1 du Code des assurances (consulté le 2026-07-05) ; Article L242-1 du Code des assurances (consulté le 2026-07-05) ; Article L113-8 du Code des assurances (consulté le 2026-07-05).
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