Dommage-ouvrage en VEFA : qui souscrit l'assurance ?
Sommaire En VEFA, c'est le promoteur qui souscrit
L’essentiel
En VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), c’est le promoteur ou vendeur, en sa qualité de maître d’ouvrage, qui souscrit l’assurance dommages-ouvrage avant l’ouverture du chantier, comme l’impose l’article L242-1 du Code des assurances. L’acquéreur n’a rien à souscrire : la garantie lui est transmise automatiquement et le suit sur toute la période décennale (art. 1792 du Code civil), y compris en cas de revente.
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
Le dommages-ouvrage en VEFA soulève une question fréquente chez les acheteurs sur plan : quand on achète un logement neuf en vente en l’état futur d’achèvement, faut-il souscrire soi-même une assurance dommages-ouvrage, ou est-elle déjà comprise ? La réponse est claire et rassurante : dans une VEFA, l’acquéreur n’a pas à souscrire cette garantie. C’est le promoteur, en tant que maître d’ouvrage de l’opération, qui en a l’obligation légale avant même l’ouverture du chantier (article L242-1 du Code des assurances).
En tant que courtier en assurances construction, nous constatons pourtant que beaucoup d’acquéreurs ignorent qu’ils bénéficient de cette couverture, ou ne savent pas quelle attestation réclamer. Ce guide fait le point sur celui qui souscrit réellement, sur le bénéfice transmis à l’acquéreur, sur l’attestation à vérifier au moment de l’acte, et sur ce qu’il advient de la garantie en cas de revente du bien pendant les dix ans qui suivent la réception.
En VEFA, c'est le promoteur qui souscrit
La vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), régie par les articles 1601-1 et suivants du Code civil, est un contrat par lequel un vendeur — le plus souvent un promoteur immobilier — vend un logement à construire, l’acquéreur en devenant propriétaire au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Sur le plan de l’assurance construction, cette qualité de vendeur d’un ouvrage à construire emporte une conséquence décisive : le promoteur est juridiquement maître d’ouvrage de l’opération.
Or l’article L242-1 du Code des assurances impose à « toute personne qui fait réaliser des travaux de construction » de souscrire, avant l’ouverture du chantier, une assurance dommages-ouvrage. En VEFA, cette personne n’est pas l’acquéreur — qui achète un bien futur — mais bien le promoteur, qui fait construire. C’est donc lui qui souscrit et qui paie la prime, laquelle est ensuite intégrée au prix de vente du logement.
Le vendeur en VEFA cumule d’ailleurs plusieurs obligations d’assurance :
- la dommages-ouvrage (art. L242-1), pour préfinancer sans attendre les désordres de nature décennale ;
- la garantie financière d’achèvement (GFA), propre à la VEFA, qui garantit à l’acquéreur que le logement sera achevé même en cas de défaillance du promoteur ;
- le contrôle de la décennale des constructeurs qui interviennent sur le chantier.
Autrement dit, dans une opération en VEFA correctement montée, l’acquéreur bénéficie d’un double filet de sécurité : la GFA pour l’achèvement, la dommages-ouvrage pour la solidité de l’ouvrage après réception. Pour situer précisément votre rôle dans le montage assurantiel, consultez notre page « Qui est concerné ».
Le bénéfice transmis à l'acquéreur
Souscrite par le promoteur, la dommages-ouvrage n’en profite pas moins directement à l’acquéreur. C’est l’une des particularités de cette assurance : elle est attachée à l’ouvrage, non à la personne du souscripteur. Elle bénéficie donc « aux propriétaires successifs de l’ouvrage », selon les termes mêmes de l’article L242-1. L’acquéreur en VEFA devient ainsi le bénéficiaire naturel de la garantie dès qu’il devient propriétaire.
Concrètement, si un désordre de nature décennale apparaît après la réception — fissures structurelles, infiltrations rendant le logement impropre à sa destination, affaissement, défaut d’étanchéité de la toiture ou de la terrasse — l’acquéreur peut déclarer le sinistre à l’assureur dommages-ouvrage du promoteur, sans avoir à prouver qui, du constructeur ou de tel corps de métier, est responsable.
Tout l’intérêt de la garantie est là : la dommages-ouvrage préfinance rapidement les travaux de réparation, hors toute recherche préalable de responsabilité. L’assureur indemnise d’abord — dans des délais encadrés par la loi — puis se retourne ensuite contre les constructeurs responsables et leurs assureurs décennaux. L’acquéreur, lui, n’a pas à attendre l’issue d’un procès pour voir son logement réparé.
La garantie couvre la période décennale ouverte par la réception des travaux entre le promoteur et les entreprises (article 1792-6 du Code civil), et court dix ans à compter de cette réception (article 1792 du Code civil). Elle épouse ainsi exactement la durée de la responsabilité décennale des constructeurs. Pour comprendre en détail le mécanisme d’indemnisation, voir notre article « La dommages-ouvrage, une obligation légale » et notre guide « Déclarer un sinistre dommages-ouvrage ».
Vérifier l'attestation au moment de l'achat
Le réflexe essentiel de l’acquéreur en VEFA est de réclamer et vérifier l’attestation de dommages-ouvrage. Cette pièce prouve que le promoteur a bien souscrit la garantie avant l’ouverture du chantier, et c’est elle qui matérialise votre protection en cas de désordre. Le notaire, lors de la signature de l’acte authentique de vente, doit en principe s’assurer de sa présence au dossier.
Voici les points à contrôler sur l’attestation :
- le souscripteur : il doit s’agir du promoteur ou du vendeur, maître d’ouvrage de l’opération ;
- l’adresse et la désignation du chantier, qui doivent correspondre exactement à votre logement et à l’opération ;
- la date d’effet, qui doit être antérieure à l’ouverture du chantier — c’est une condition de validité au sens de l’article L242-1 ;
- le nom de l’assureur et le numéro de police ;
- la nature des travaux couverts et, le cas échéant, les garanties complémentaires souscrites.
Sur ce document se joue votre tranquillité pour dix ans. Une attestation absente, périmée ou datée après le démarrage du chantier doit vous alerter : sans dommages-ouvrage valablement souscrite, vous vous exposeriez, en cas de sinistre décennal, à devoir agir directement contre les constructeurs, avec des délais et une complexité bien supérieurs.
Conservez précieusement l’attestation ainsi que le procès-verbal de réception : ces pièces vous seront demandées si vous devez déclarer un sinistre, et elles sont à transmettre à un futur acheteur en cas de revente (voir plus bas). Pour tout savoir sur ce document, consultez notre foire aux questions ou notre guide dédié « Que faire si la dommages-ouvrage est refusée » si une difficulté apparaît côté promoteur.
La revente du logement dans les dix ans
La dommages-ouvrage étant attachée à l’ouvrage, elle suit le bien en cas de revente pendant toute la période décennale. Si vous revendez votre logement acquis en VEFA avant l’expiration des dix ans à compter de la réception, le nouvel acquéreur devient à son tour bénéficiaire de la garantie souscrite à l’origine par le promoteur. Vous n’avez pas à souscrire une nouvelle dommages-ouvrage : elle est déjà là, et se transmet automatiquement.
Cette transmission est loin d’être un détail. Un logement encore couvert par une dommages-ouvrage valide est un bien plus facile à revendre et plus rassurant pour l’acheteur. À l’inverse, l’absence de cette garantie — ou l’impossibilité de la justifier — peut faire échouer une vente. En pratique, pour transmettre le bénéfice de la garantie au nouvel acquéreur, vous devez lui remettre les pièces qui la matérialisent.
Le tableau ci-dessous récapitule les repères clés de la revente d’un bien acquis en VEFA :
| Situation | Point de vigilance | Ce qu’il faut faire |
|---|---|---|
| Revente avant 10 ans (réception) | La DO du promoteur suit le bien | Transmettre attestation + PV de réception à l’acheteur |
| Sinistre en cours au moment de la vente | Le droit à indemnisation se transmet | Informer l’acheteur, joindre les déclarations de sinistre |
| Revente après 10 ans | La garantie décennale est expirée | Aucune DO n’est due ; le bien n’est plus « neuf » au sens de la garantie |
Attention à ne pas confondre deux cas : celui de l’acquéreur qui revend un logement acheté en VEFA (traité ici), et celui du particulier qui a fait construire lui-même et qui revend sans avoir souscrit de dommages-ouvrage — situation bien plus risquée, développée dans notre article « Revendre une maison sans dommages-ouvrage ». En VEFA, la garantie existe par construction ; il suffit d’en assurer la traçabilité. Notre guide « Dommage-ouvrage pour un particulier » complète utilement ce panorama pour les projets hors VEFA.
VEFA ou faire construire : deux logiques d'assurance
La grande différence entre l’achat en VEFA et le fait de faire construire soi-même tient précisément à cette question du souscripteur. Elle mérite d’être clarifiée, car elle détermine vos obligations réelles.
En VEFA, vous achetez un ouvrage à construire à un promoteur : celui-ci est maître d’ouvrage, il souscrit la dommages-ouvrage, et vous en récoltez le bénéfice sans démarche. Votre travail se limite à vérifier que l’attestation existe et à la conserver. Le risque, pour vous, n’est pas de devoir souscrire, mais de ne pas contrôler que le promoteur l’a fait.
Lorsque vous faites construire — maison individuelle en direct, ou en CCMI —, la logique s’inverse : c’est vous qui êtes maître d’ouvrage, et donc vous qui devez souscrire la dommages-ouvrage avant l’ouverture du chantier. L’omettre vous expose personnellement, notamment lors d’une future revente. Ce cas est développé dans nos guides « CCMI et dommages-ouvrage » et « La dommages-ouvrage est-elle obligatoire ? ».
Quelques repères pour ne pas se tromper :
- vous achetez sur plan à un promoteur → VEFA : le promoteur souscrit, vous vérifiez l’attestation ;
- vous faites construire une maison en direct ou en CCMI → vous êtes maître d’ouvrage : vous souscrivez la DO ;
- vous achetez un bien récent de moins de dix ans → réclamez l’attestation DO d’origine (VEFA ou construction) au vendeur.
Dans le doute sur votre situation, un courtier vous aide à identifier qui doit assurer quoi, et à sécuriser votre dossier — que vous soyez acquéreur en VEFA ou maître d’ouvrage d’une construction. Notre pilier sur l’assurance dommages-ouvrage détaille l’ensemble du dispositif.
Questions fréquentes
C’est le promoteur ou le vendeur, en sa qualité de maître d’ouvrage de l’opération, qui souscrit la dommages-ouvrage avant l’ouverture du chantier, comme l’exige l’article L242-1 du Code des assurances. L’acquéreur en VEFA n’a rien à souscrire : il bénéficie automatiquement de la garantie, dont le coût est intégré au prix de vente du logement.
Non. En VEFA, l’acheteur n’est pas maître d’ouvrage : c’est le promoteur qui fait construire et qui a l’obligation de souscrire. L’acquéreur devient bénéficiaire de la garantie dès qu’il est propriétaire. Il doit seulement réclamer et conserver l’attestation de dommages-ouvrage, à vérifier au moment de la signature de l’acte de vente chez le notaire.
L’acquéreur doit vérifier l’attestation de dommages-ouvrage du promoteur : elle doit désigner le vendeur comme souscripteur, mentionner l’adresse exacte du chantier, un assureur et un numéro de police, et surtout porter une date d’effet antérieure à l’ouverture du chantier. Le notaire s’assure en principe de sa présence au dossier lors de la vente.
Oui. La garantie est attachée à l’ouvrage et bénéficie aux propriétaires successifs (art. L242-1). Si vous revendez avant la fin des dix ans à compter de la réception, le nouvel acquéreur devient bénéficiaire de la dommages-ouvrage souscrite par le promoteur. Vous devez lui remettre l’attestation et le procès-verbal de réception pour assurer la continuité de la garantie.
Dix ans à compter de la réception des travaux intervenue entre le promoteur et les entreprises (articles 1792 et 1792-6 du Code civil). Cette durée correspond à la responsabilité décennale des constructeurs. Passé ce délai, la garantie décennale et la dommages-ouvrage sont expirées : aucune nouvelle dommages-ouvrage n’est due pour ce bien.
C’est un signal d’alerte sérieux. Sans dommages-ouvrage valablement souscrite avant l’ouverture du chantier, vous devriez, en cas de désordre décennal, agir directement contre les constructeurs, avec des délais bien plus longs. Réclamez l’attestation avant la signature ; en cas de difficulté, faites-vous accompagner et consultez notre guide sur la dommages-ouvrage refusée.
Sources primaires : article L242-1 du Code des assurances (obligation de dommages-ouvrage, bénéfice aux propriétaires successifs), article 1792 du Code civil (responsabilité décennale), article 1792-6 du Code civil (réception des travaux) et article 1601-1 du Code civil (vente en l’état futur d’achèvement) ; loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 dite « loi Spinetta » ; service-public.fr — assurance dommages-ouvrage ; ORIAS (registre des intermédiaires, courtier n° 22001730). Sources consultées le 4 juillet 2026.
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