Assurance décennale · Gros œuvre & structure

Assurance décennale entreprise de gros œuvre

Tarifs, obligations et devis en ligne pour votre métier de entreprise de gros œuvre.

Réponse courte

Oui, toute entreprise réalisant le gros œuvre de bâtiments doit souscrire une assurance de responsabilité décennale (art. L241-1 du Code des assurances), avant l’ouverture de chaque chantier. Elle couvre dix ans les désordres compromettant la solidité de l’ouvrage : fissures structurelles, tassements, défauts de béton armé, effondrement partiel. Le tarif dépend du chiffre d’affaires et de la nature des ouvrages.

Mis à jour le 4 juillet 2026 — Sami Hami, courtier en assurances (ORIAS n° 22001730)

Une entreprise de gros œuvre ne relève pas de la même logique qu’un artisan maçon isolé. Vous portez la structure de bâtiments entiers : fondations profondes, ossature en béton armé, planchers, ouvrages d’infrastructure et de superstructure, souvent sur plusieurs niveaux et avec des équipes déployées en parallèle. À cette échelle, l’exposition à la responsabilité décennale change de nature. Un désordre ne touche plus une pièce ou un pan de mur, mais peut affecter la stabilité de tout un immeuble et engager des montants sans commune mesure avec un chantier de maison individuelle.

La loi ne fait pourtant pas de distinction de taille : l’article L241-1 du Code des assurances impose la souscription d’une assurance décennale avant l’ouverture de chaque chantier, et les articles 1792 et 1792-1 à 1792-7 du Code civil, issus de la loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 dite loi Spinetta, s’appliquent à chacun de vos ouvrages. Ce qui change, c’est l’enjeu : sur un bâtiment collectif ou tertiaire, un tassement mal maîtrisé ou un béton non conforme peut se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Chez Batirio, nous construisons un contrat calibré sur le volume réel de votre entreprise et sur la technicité de vos ouvrages structurels, pas sur une grille d’artisan.

Les activités couvertes

Voici les activités typiques d’un entreprise de gros œuvre que votre contrat doit couvrir. La liste exacte de vos activités déclarées détermine l’étendue de votre garantie.

  • Réalisation des fondations : semelles, radiers, pieux et fondations profondes
  • Élévation de la structure en béton armé (poteaux, poutres, voiles porteurs)
  • Coffrage, ferraillage et coulage des ouvrages structurels
  • Réalisation des planchers, dalles et paliers en béton armé
  • Ouvrages d'infrastructure : sous-sols, parkings enterrés, murs de soutènement
  • Ouvrages de superstructure et élévation sur plusieurs niveaux
  • Dallage industriel et dalles de forte portance
  • Reprise en sous-œuvre et renforcement de structures existantes
  • Coordination des équipes gros œuvre sur chantiers de bâtiments

À l’échelle d’une entreprise, le risque majeur n’est pas d’oublier une activité, c’est de sous-déclarer son chiffre d’affaires ou la nature de ses ouvrages. Votre garantie repose sur les techniques et les volumes que vous déclarez : si votre attestation mentionne du gros œuvre courant mais que vous réalisez en réalité des fondations profondes, des ouvrages en infrastructure ou des structures en béton armé de grande hauteur, un sinistre sur ces ouvrages peut échapper à la couverture. Même vigilance pour la reprise en sous-œuvre, technique à haut risque qui doit figurer explicitement au contrat. Attention aussi à la sous-traitance : vous restez responsable au titre de la décennale des ouvrages exécutés sous votre marché, même confiés à un tiers, et l’article L243-2 du Code des assurances vous impose de justifier de votre assurance sur vos devis et factures. Enfin, une déclaration de chiffre d’affaires très inférieure à la réalité expose l’entreprise à une réduction proportionnelle d’indemnité le jour du sinistre. Déclarez le périmètre réel de votre activité : c’est la seule garantie qui tienne face à un désordre à l’échelle d’un bâtiment.

Combien coûte votre assurance décennale ?

Le tarif dépend de votre chiffre d’affaires, de votre expérience et de vos antécédents. Fourchettes indicatives pour un entreprise de gros œuvre :

ProfilPrix indicatif
Artisan seul (≤ 80 k€ CA)1 500 – 3 500 €/an
TPE (2 à 5 personnes)2 700 – 7 700 €/an
PME (> 1 M€ CA)Tarification sur étude — programme personnalisé

* Montants indicatifs 2026, hors reprise du passé et antécédents lourds. Tarif ferme après recueil de votre besoin.

Les garanties recommandées

Pour une entreprise de gros œuvre, la protection s’articule autour de trois niveaux. La RC Décennale est votre obligation légale (art. L241-1 du Code des assurances) : elle couvre pendant dix ans les désordres qui compromettent la solidité de vos bâtiments ou les rendent impropres à leur destination — fissures structurelles, tassements, défauts de béton armé. La RC Pro intervient sur les dommages causés aux tiers pendant l’exécution : dégâts aux avoisinants, dommages aux ouvrages des autres corps d’état, désordres survenus avant réception. Enfin, sur des bâtiments de cette ampleur, la Tous Risques Chantier (TRC) est déterminante : elle protège l’ouvrage en cours de construction contre l’effondrement partiel, les aléas d’exécution et les événements accidentels, avant la réception. Chez Batirio, nous dimensionnons ces trois garanties sur le volume de vos chantiers et la technicité de vos structures, pour couvrir l’entreprise sans surcharge inutile.

Mon devis décennale

Cas concrets

Trois sinistres types du métier

Tassement d'un immeuble collectif sur fondations sous-dimensionnées

Une entreprise de gros œuvre réalise les fondations et la structure béton d'un immeuble de logements de quatre étages. Les semelles, coulées sans prise en compte suffisante d'un sol hétérogène, provoquent un tassement différentiel. Après livraison, des fissures traversantes apparaissent dans les voiles porteurs et sur plusieurs planchers, mettant en cause la stabilité de l'ensemble du bâtiment. Une reprise en sous-œuvre par micropieux devient nécessaire sur tout le linéaire de fondation.

480 000 €Reprise en sous-œuvre par micropieux, étaiement et réfection des voiles et planchers fissurés

Pris en charge — atteinte à la solidité de l'ouvrage (art. 1792 du Code civil)

Défaut de béton armé sur la structure d'un bâtiment tertiaire

Sur un immeuble de bureaux, l'entreprise coule les poteaux et poutres porteurs avec un béton dont la résistance réelle s'avère inférieure à celle prévue et un ferraillage partiellement non conforme aux plans. Des désordres structurels apparaissent : fissuration des poutres maîtresses et flèche excessive des planchers d'étage. Le contrôle technique met en évidence un risque pour la solidité de l'ouvrage, imposant le renforcement d'une partie de la structure porteuse.

310 000 €Renforcement des poutres et poteaux, chemisage béton et reprise du ferraillage défaillant

Pris en charge — dommage compromettant la solidité de l'ouvrage (art. 1792 du Code civil)

Effondrement partiel d'un plancher en cours de chantier

Pendant la réalisation de la superstructure d'un bâtiment, un plancher haut en béton armé s'effondre partiellement au décoffrage : l'étaiement avait été retiré avant que le béton n'atteigne sa résistance suffisante. L'effondrement endommage la structure en cours et détruit une partie des ouvrages déjà réalisés, imposant démolition et reconstruction de la travée concernée avant réception de l'ouvrage.

165 000 €Démolition de la zone effondrée, évacuation, reconstruction du plancher et remise en état de la structure

Pris en charge — dommage à l'ouvrage en cours de construction (Tous Risques Chantier, avant réception)

Questions fréquentes

La décennale entreprise de gros œuvre, vos questions

L'obligation est identique : l'article L241-1 du Code des assurances impose à tout constructeur, quelle que soit sa taille, de souscrire une assurance de responsabilité décennale avant l'ouverture de chaque chantier. Ce qui diffère, c'est l'exposition. Une entreprise de gros œuvre porte la structure de bâtiments entiers — fondations, ossature béton armé, planchers sur plusieurs niveaux — et un désordre peut affecter la stabilité de tout un immeuble. Les articles 1792 et 1792-1 à 1792-7 du Code civil, issus de la loi Spinetta de 1978, s'appliquent à chacun de vos ouvrages, mais les montants en jeu sont sans commune mesure avec un chantier de maison individuelle. Le contrat doit donc être calibré sur vos volumes réels et la technicité de vos structures, pas sur une grille d'artisan.

C'est un point central pour une entreprise de gros œuvre, car la cotisation et l'étendue de la garantie reposent sur le chiffre d'affaires déclaré. Vous déclarez un chiffre d'affaires prévisionnel à la souscription, ajusté ensuite selon votre activité réelle. Le vrai risque, c'est la sous-déclaration : si votre volume réel dépasse largement ce que vous avez annoncé, l'assureur peut appliquer une réduction proportionnelle d'indemnité le jour d'un sinistre — c'est-à-dire ne vous rembourser qu'une fraction du dommage. Sur un désordre structurel à l'échelle d'un bâtiment, l'écart peut représenter des centaines de milliers d'euros restant à votre charge. Chez Batirio, on cadre dès le départ un périmètre déclaratif honnête et on ajuste avec vous en cours de vie du contrat.

Oui. En tant qu'entreprise titulaire du marché, vous restez responsable au titre de la garantie décennale des ouvrages exécutés dans le cadre de votre contrat, y compris lorsqu'ils sont confiés à un sous-traitant. Un défaut de fondation ou de béton armé réalisé par un tiers sous votre marché engage votre responsabilité vis-à-vis du maître d'ouvrage sur le fondement des articles 1792 et suivants du Code civil. Il est donc essentiel de vérifier que vos sous-traitants sont eux-mêmes correctement assurés en décennale, et de conserver leurs attestations. De votre côté, l'article L243-2 du Code des assurances vous impose de justifier de votre propre assurance sur vos devis et factures. Batirio vous aide à structurer cette chaîne de responsabilité pour éviter les angles morts.

La Tous Risques Chantier (TRC) protège l'ouvrage pendant sa construction, avant la réception, là où la décennale ne joue pas encore. Pour une entreprise de gros œuvre, elle est particulièrement pertinente : effondrement partiel d'un plancher ou d'un voile en cours de coulage, dommage à la structure déjà réalisée, sinistre accidentel sur le chantier avant livraison. Sur des bâtiments de plusieurs niveaux, où les ouvrages en cours représentent une valeur considérable, la TRC évite que l'entreprise supporte seule le coût d'une démolition-reconstruction avant même d'avoir livré. Elle complète la RC Décennale, qui prend le relais après réception. Chez Batirio, on évalue avec vous l'intérêt d'une TRC chantier par chantier ou en programme annuel selon votre volume.

Non, pas par la décennale. La garantie décennale des articles 1792 et suivants du Code civil ne s'applique qu'aux désordres apparaissant après la réception de l'ouvrage. Un effondrement qui survient en cours de chantier — par exemple un plancher qui cède au décoffrage avant que le béton n'ait atteint sa résistance — relève de la période de construction, avant réception. C'est précisément le rôle de la Tous Risques Chantier, qui couvre l'ouvrage en cours et les dommages accidentels avant livraison. Pour une entreprise de gros œuvre, dissocier ces deux temporalités est essentiel : la TRC protège pendant le chantier, la décennale prend le relais ensuite pour dix ans. Un contrat Batirio articule les deux pour qu'il n'y ait pas de trou de garantie entre l'exécution et la réception.

Il n'existe pas de tarif standard, car l'exposition d'une entreprise de gros œuvre est spécifique. Le prix dépend d'abord de votre chiffre d'affaires, puis de la nature de vos ouvrages : les fondations profondes, les structures en béton armé de grande hauteur, les ouvrages d'infrastructure et la reprise en sous-œuvre pèsent davantage que du gros œuvre courant. Entrent aussi en compte votre ancienneté, la part de sous-traitance, la typologie de vos chantiers (logement collectif, tertiaire, industriel) et votre historique de sinistres. Une entreprise étant en première ligne sur des désordres structurels à forts enjeux, la prime reflète cette réalité. Le seul moyen d'obtenir un chiffre juste, c'est un devis construit sur votre situation réelle : chez Batirio, on part de votre activité et de vos volumes, jamais d'une grille figée.

Sources : art. L241-1 du Code des assurances (obligation d’assurance décennale) · art. 1792 du Code civil (responsabilité des constructeurs) — Legifrance, consultées le 4 juillet 2026.

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