Incendie d'origine électrique sur onduleur : la décennale de l'installateur photovoltaïque en première ligne
Sommaire Pourquoi le courant continu met le feu au reste
L’essentiel
Un incendie d’origine électrique sur une installation photovoltaïque — onduleur mal ventilé, connecteur DC mal serti — engage la responsabilité décennale de l’installateur dès lors qu’il rend le bâtiment impropre à sa destination (art. 1792 du Code civil). L’obligation d’assurance découle de l’art. L241-1 du Code des assurances. La partie électrique doit être expressément déclarée.
Rédigé par Sami Hami · Courtier ORIAS n° 22001730 · Vérifié le 4 juillet 2026
Le photovoltaïque n’est pas qu’une affaire de toiture : c’est aussi une installation électrique en courant continu qui travaille dehors, sous le soleil, pendant vingt ans. Or le point faible d’une installation photovoltaïque n’est presque jamais le panneau lui-même — c’est le courant continu et ses raccordements. Onduleur mal ventilé, connecteur DC mal serti, câblage sous-dimensionné : ces défauts provoquent des échauffements qui, à bas bruit, finissent en départ de feu.
Pour l’installateur photovoltaïque, un incendie d’origine électrique est l’un des sinistres les plus lourds et les plus mal anticipés. Quand le feu se propage à la toiture et à la charpente et rend le logement inhabitable, c’est la garantie décennale (art. 1792 du Code civil) qui est mobilisée. Cet article détaille le mécanisme, la qualification juridique et les réflexes de couverture.
Pourquoi le courant continu met le feu au reste
Contrairement au courant alternatif du réseau, le courant continu (DC) produit par les panneaux ne s’interrompt pas naturellement au passage par zéro. Un défaut de contact — connecteur MC4 mal serti, borne desserrée par les cycles de dilatation — crée un arc électrique qui peut atteindre plusieurs centaines de degrés et persister.
L’onduleur, cœur de l’installation, concentre les risques : mal ventilé, installé dans un local surchauffé ou trop proche d’un matériau combustible, il chauffe et vieillit prématurément. Un composant qui lâche peut alors amorcer un départ de feu.
Le scénario typique se déroule plusieurs mois après la mise en service : rien n’était visible à la réception, puis un connecteur s’échauffe cycle après cycle jusqu’à l’incendie. C’est ce décalage dans le temps qui place le sinistre dans le champ de la garantie décennale, et non de la seule RC chantier.
Quand l'incendie engage la garantie décennale
Un incendie n’engage pas mécaniquement la décennale : il faut qu’il rende le bâtiment impropre à sa destination ou compromette sa solidité (art. 1792 du Code civil). Un départ de feu contenu à l’onduleur, sans propagation, relèvera plutôt de la responsabilité civile professionnelle.
En revanche, dès que le feu gagne la toiture, la charpente ou le second œuvre et rend une partie du logement inhabitable, l’ouvrage devient impropre à sa destination : la responsabilité décennale de l’installateur est engagée, pendant dix ans à compter de la réception. La cause — un défaut d’exécution sur la partie électrique — vous est imputable en tant que constructeur au sens de l’article 1792.
Les montants sont sans commune mesure avec le coût de l’installation : reconstruction de toiture et de charpente, remise en état du second œuvre, relogement des occupants. Un tel sinistre peut dépasser 100 000 €.
Le piège : ne pas avoir déclaré la partie électrique
Beaucoup d’installateurs déclarent la « pose de panneaux » et oublient que leur métier comporte une activité électrique à part entière : raccordement de l’onduleur, câblage DC et AC, coffrets de protection, mise en service. Si cette activité ne figure pas noir sur blanc dans votre contrat, un incendie parti de l’onduleur risque le refus de prise en charge.
- Déclarez le raccordement électrique et la mise en service comme activité.
- Déclarez le câblage en courant continu (DC), spécifiquement à risque.
- Déclarez le stockage par batteries et les bornes de recharge IRVE si vous les posez : ce sont des postes électriques supplémentaires.
Une activité déclarée de façon exhaustive protège précisément contre le sinistre le plus coûteux du métier. C’est le rôle de Batirio de cadrer cette déclaration avec vous.
Prévenir pour ne pas déclencher
La meilleure couverture reste le sinistre qui n’arrive pas. Quelques réflexes réduisent nettement le risque d’incendie d’origine électrique et, avec lui, la probabilité d’un contentieux décennal :
- Serrage au couple des connecteurs DC et vérification du sertissage des MC4.
- Ventilation de l’onduleur respectée, à distance des matériaux combustibles.
- Dimensionnement des câbles conforme aux courants et longueurs, pour éviter les échauffements.
- Protections DC (parafoudre, sectionneur, coffret) posées et contrôlées.
- Traçabilité : conservez vos rapports de mise en service, précieux en cas d’expertise.
Ces bonnes pratiques, couplées à une déclaration d’activités complète, forment la vraie protection de l’installateur photovoltaïque contre le risque incendie.
Questions fréquentes
Oui dès lors qu’il rend le bâtiment impropre à sa destination. Un départ de feu sur un onduleur mal ventilé ou un connecteur DC mal serti qui endommage la toiture ou la charpente engage la garantie décennale (art. 1792 du Code civil), même plusieurs mois après la mise en service.
Le courant continu ne s’interrompt pas naturellement au passage par zéro. Un défaut de contact — connecteur mal serti, borne desserrée — crée un arc électrique qui peut atteindre plusieurs centaines de degrés et persister, jusqu’au départ de feu. C’est le point faible des installations photovoltaïques.
Non. Un feu contenu à l’onduleur sans propagation relève plutôt de la RC professionnelle. La décennale s’applique quand l’incendie rend le bâtiment impropre à sa destination ou compromet sa solidité (art. 1792 du Code civil) — par exemple lorsqu’il gagne la toiture et la charpente.
Impérativement. Le raccordement de l’onduleur, le câblage DC et AC, les coffrets et la mise en service sont une activité électrique à part entière. Si elle n’est pas déclarée dans votre contrat, un incendie d’origine électrique risque un refus de prise en charge.
Serrez les connecteurs DC au couple, vérifiez le sertissage des MC4, respectez la ventilation de l’onduleur, dimensionnez correctement les câbles et posez les protections DC. Conservez vos rapports de mise en service : ils sont précieux en cas d’expertise.
Sources : Article 1792 du Code civil, Article L241-1 du Code des assurances (consultés le 2026-07-04).
Incendie d'origine électrique : une décennale qui couvre vraiment votre partie électrique
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